actualités 19 | 09 | 2006

Les amis de Philippe Desbrosses : penser local, exporter global !

Comme chaque année à pareille époque, Philippe Desbrosses, le président d’Intelligence Verte et d’Objectif Bio 2007, et accessoirement agriculteur bio en Sologne, organise ses célèbres « Entretiens de Millançay ». Le thème de ce dernier week-end de septembre 2006, « Décolonisons nos vies ! », annonce en sous-titre « Plutôt qu’un grand marché planétaire, réalisons un monde de terroirs solidaires ». « Nos vies, nos relations sociales sont transformées afin d’être dépendantes des grandes entreprises multinationales. Nos terroirs produisent de moins en moins, et quand ils produisent, c’est pour l’export », peut-on lire dans l’invitation de l’ami de Corinne Lepage et de Nicolas Hulot.

Et Philippe Desbrosses sait de quoi il parle ! En effet, lorsqu’il ne s’occupe pas de son exploitation de 120 hectares, il gère sa société de placement en valeurs mobilières, baptisée « Sainte Marthe Développement ». Le principal administrateur en est la société Naturgie, le distributeur exclusif et mondial des produits « Michel Montignac », l’auteur de Comment maigrir en faisant des repas d’affaires. Vendu à plus de 550 000 exemplaires, ce livre « s’adresse plus particulièrement aux managers qui ont l’obligation professionnelle de manger souvent au restaurant ». Michel Montignac a par la suite publié un autre best-seller (Je mange donc je maigris), vendu dans une quarantaine de pays en plus de 16 millions d’exemplaires. Une vraie réussite mondiale !

Créée il y a vingt ans par Jean Verdier, le président de Synabio (Syndicat national des transformateurs de produits naturels et de culture biologique), Naturgie commercialise des produits qui ont « pour valeurs essentielles le naturel, l’authentique et le plaisir gustatif ». Son patron explique sans vergogne que sa société « joue la carte du terroir » tout en possédant une filiale aux Etats-Unis, « très légère, qui prospecte et s’occupe de la coordination » de la vente des produits « Cuisine de campagne : Authentic Provence TM ». Naturgie a « ouvert un entrepôt et un compte bancaire afin que les clients puissent payer localement ». Par ailleurs, « une équipe de brokers et des distributeurs régionaux » ont été engagés car, selon Jean Verdier, ils « poussent davantage les produits que ne pourraient le faire les distributeurs nationaux ». Rien n’est laissé au hasard : «  Le packaging a été réalisé avec des agences locales, sans que cela ne conduise pour autant [Naturgie] à renier ses origines provençales. » Résultat : « Le contenu des produits est très bien perçu par les consommateurs américains, ces derniers étant particulièrement attentifs à l’ambiance qui s’en dégage », toujours selon Jean Verdier. L’ami de Philippe Desbrosses a également bénéficié des bons services de Sopexa, le spécialiste du marketing et de la communication alimentaire, pour obtenir « des retombées régulières dans des titres majeurs de la presse nationale ».

Ainsi, Cuisine de campagne : Authentic Provence TM , la marque déposée par Naturgie, a su « capturer l’esprit et l’essence de la joie de vivre de Provence », et se faire sa place dans les quartiers huppés de Beverly Hills ou de Brooklyn. Pas mal, pour des produits provençaux dont la plupart sont fabriqués à... Villeneuve s/Lot !

Grâce à cette stratégie audacieuse, la société administratrice de Sainte Marthe Développement réalise plus de 40 % de son chiffre d’affaires... à l’exportation outre-Atlantique, au Japon et à Taïwan ! Et bientôt en Chine, ajoute Francis Bermond, l’un de ses directeurs, fier d’avoir lancé la première confiture bio dotée du label Commerce Equitable. « Les bananes et goyaves utilisées pour nos confitures viennent d’Afrique », explique-t-il. Eh oui, comme il était si bien écrit sur l’invitation à une conférence sur l’« agriculture écorégionale et la souveraineté alimentaire », organisée par Philippe Desbrosses en février 2006, « consommer une alimentation écologiquement et socialement responsable transformée au plus près de son lieu de production est une simple règle de bon sens mais aussi une priorité d’ordre international vis-à-vis de la problématique du réchauffement climatique. »

Une simple règle de bon sens... comme par exemple manger à Los Angeles ou Tokyo une ratatouille « Authentic Provence » réalisée à 10 000 kilomètres de là !

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