Les Faucheurs volontaires marquent un but… contre leur propre camp !

actualités 24 | 08 | 2010

Les Faucheurs volontaires marquent un but… contre leur propre camp !

Le saccage des 70 pieds de vignes transgéniques, mis en place par l’Inra de Colmar, témoigne de la confusion mentale qui règne parmi les rangs des Faucheurs volontaires depuis l’éloignement strasbourgeois de José Bové. Cherchant à exister, quitte à se tromper de cible, les Faucheurs volontaires ont en effet fait preuve d’un manque frappant de stratégie en marquant un but... contre leur propre camp. Selon Jean-François Launay, directeur de communication de l’Inra, l’essai de ces 70 pieds de vignes détruits par 60 Faucheurs volontaires à l’initiative de Jean-Pierre Frick aurait pu aboutir à une publication de l’Inra qui aurait révélé les limites de la transgenèse dans le cadre de cet essai !

L’expérimentation de l’Inra devait répondre à une série de questions posées par la filière viticole. Il s’agissait en particulier de savoir si le recours à la transgenèse est efficace dans la lutte contre le court noué, une maladie de la vigne qui touche plus de la moitié du vignoble français. « Avec le saccage, nous ne pourrons pas conclure scientifiquement à cette question », explique Jean-François Launay. Or, les résultats provisoires de l’essai étaient plutôt défavorables, révèle le directeur de la communication de l’Inra : « Nous étions très mitigés sur les conclusions, car sur la période d’expérimentation, nous avons relevé qu’effectivement la transgenèse nous permet de retarder l’infection du virus, mais seulement de deux à trois ans, et qu’en aucun cas cela ne la bloque ». « Si nous avions pu conclure en respectant le protocole de l’expérimentation, et au regard de la faiblesse des résultats, nous n’aurions sûrement pas recommandé la transgenèse comme moyen de lutte contre le court noué. En effet, il y a une résistance discutable, avec, certes, un effet qui retarde l’infection, mais pas une résistance avérée des porte-greffes », note Jean-François Launay.

Toutefois, la destruction des pieds de vignes ne permettra pas aux chercheurs de l’Inra de conclure : « Le protocole de notre expérimentation ayant été interrompu, celle-ci ne peut plus faire l’objet d’une publication scientifique ». En clair, les Faucheurs volontaires ont mis à néant le projet d’une publication qui leur aurait, très certainement, apporté quelques arguments intéressants...

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