Les nouveaux habits de François Veillerette ?

actualités 14 | 05 | 2009

Les nouveaux habits de François Veillerette ?

« On a des agriculteurs qui sont en meilleure santé que le reste de la population » ! Ces propos rassurants, tenus le 9 avril dernier lors de l’émission de LCP Ça vous regarde (consacrée au thème Pesticides : poison en vente libre ?), n’a pas été prononcée par un lobbyiste payé par l’imaginaire cartel des pesticides, mais par François Veillerette, le président du Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF). Certes, relativisant cette déclaration, le militant anti-pesticides s’est empressé d’ajouter que ces mêmes agriculteurs étaient « plus souvent [que le reste de la population] atteints par certaines pathologies, et [avaient] également des difficultés de reproduction et des difficultés cognitives ». Toutefois, il admet visiblement que les principaux utilisateurs de produits phytosanitaires – c’est-à-dire ceux qui sont les plus concernés – sont en meilleure santé que le reste de la population. Encore plus surprenant, le président du MDRGF, qui jusque-là ne ratait aucune occasion pour tenir un discours alarmiste sur les résidus de pesticides dans les pommes, les fraises et les carottes, a déclaré qu’« il faut encourager les gens à manger des fruits et des légumes, [car] c’est de toute façon bon pour leur santé ». Il se demande simplement « quel est l’effet des cocktails de résidus à faibles doses présents », et si « on ne perd pas une partie des bénéfices en les ingérant en même temps que les vitamines et les nutriments qui sont positifs » ? Au final, le président du MDRGF estime que les études « poussent à la prudence, à la modération sur l’emploi de ces produits », d’autant plus qu’« on sait très bien qu’on n’arrivera pas à les supprimer demain, ni même après-demain ». Voilà un discours que même Jean-Charles Bocquet, directeur de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), aurait du mal à contester !

Il est vrai qu’en ce beau jour du 9 avril 2009, François Veillerette avait troqué son habituel tee-shirt et pull ras-du-cou pour un costume-cravate. Entendu par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) dans le cadre de l’audition publique concernant l’acceptabilité des risques en matière de phytosanitaires dans la société actuelle, il avait aussi choisi de tenir des propos fort éloignés du militantisme radical, préférant celui de « la voix du peuple ». Selon un sondage, 80 % des Français se déclarent en effet inquiets ou très inquiets de la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation, a-t-il indiqué en préambule à son discours. Celui-ci consistait à expliquer que « ces réactions sont d’abord liées à l’élévation d’un niveau d’information de la population ces quinze dernières années, et non le résultat d’une ignorance qui générerait une sorte de psychose collective ». Intervenant également lors de ces auditions, Marc Mennessier, journaliste au Figaro, s’est au contraire demandé si les résultats de ce sondage – commandé par le MDRGF –étaient dus à « l’élévation du niveau d’information ou bien du niveau de désinformation ». Bonne question ! En effet, le journaliste aurait pu citer en exemple la légende qui accompagne l’un des articles publiés par le président du MDRGF dans la revue L’Ecologiste, et dans lequel ce dernier fustige presque à chaque paragraphe le « lobby agro-industriel ». On peut y lire : « A droite un verre de vin. A gauche un verre de pesticides. L’un est issu de l’agriculture biologique. L’autre de la viticulture conventionnelle ». Un discours bien accordé aux lecteurs du mensuel de l’écologie profonde, et qui témoigne du fait que François Veillerette manie parfaitement l’art du double langage...

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Télécharger l’ article Le difficile abandon des pesticides paru dans la revue L’écologiste N°28

Générations Futures/MDRGF écologie politique

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