Les syndicats apicoles poursuivent leur marginalisation

actualités 08 | 12 | 2009

Les syndicats apicoles poursuivent leur marginalisation

Les syndicats apicoles veulent-ils vraiment sauver l’apiculture française ? La question mérite d’être posée depuis la constitution d’une fronde organisée contre le directeur de cabinet du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture de Bruno Le Maire, Pascal Vine. Lors de la réunion du 25 novembre 2009, qui a rassemblé les principaux acteurs de la filière apicole, ce dernier a en effet clairement fait savoir qu’en ce qui concerne le nouvel Institut technique apicole, il entendait s’en tenir à l’orientation définie par l’ancien ministre de l’Agriculture, Michel Barnier.

Or, dans une déclaration solennelle lue au début de la réunion par le représentant de la Confédération paysanne, l’Unaf, le SNA et la Fnosad ont d’une part remis en cause les statuts de l’Institut, d’autre part contesté la présence de Coop de France au sein de son conseil d’administration, ainsi que le choix des membres de son conseil scientifique. La composition du conseil scientifique « a été imposée avec véhémence par l’administration », déplore Jean-Marie Barbançon, le président de la Fnosad, qui estime que « les membres de ce Conseil pour la plupart, ont été triés sur le volet, et on y trouve bien évidemment des gens qui ont toujours déchargé les insecticides imidaclopride et fipronil de la responsabilité des mortalités d’abeilles ». Il est vrai que parmi les douze chercheurs retenus par le ministère, on ne trouve ni Jean-Marc Bonmatin, ni Marc-Edouard Colin, ni Luc Belzunces, figures historiques de la lutte contre le Gaucho et le Régent.

Est-ce par crainte que ce nouveau comité scientifique fasse preuve de trop d’indépendance que le SNA, la Fnosad et la Confédération paysanne insistent sur le fait que le Conseil scientifique reste « exclusivement consultatif et sans pouvoir de décision » ? Son rôle devrait se restreindre à « étudier la qualité des projets soumis à son expertise », indiquent-ils. Car derrière « cette tentative de putsch » se dissimulerait la FNSEA, croit savoir le SNA, qui fait pourtant partie... du syndicat majoritaire ! Ne craignant pas le ridicule, la petite association Terre d’Abeilles, présidée par Béatrice Robrolle, proche de Philippe de Villiers, a même présenté un projet alternatif. Elle propose un Institut composé d’un conseil d’administration, auquel ne siègeraient que les syndicats apicoles. Son texte précise qu’une « ONG spécialisée dans la préservation durable des abeilles et de l’environnement » obtiendrait une voix consultative. A savoir... Terre d’Abeilles ! Faisant preuve d’une grande magnanimité, l’association de Béatrice Robrolle propose que la FNSEA dispose, elle aussi, d’une voix consultative, tandis que la Confédération paysanne aurait une voix décisionnelle. Pour les autres organisations agricoles, le dialogue n’est pas possible, estiment Terre d’Abeilles et le SNA, qui dénoncent dans un communiqué de presse du 1er décembre 2009 toute « ouverture aux organisations agricoles, parfaitement incompatible et dangereuse en raison des divergences d’intérêts ». Plus direct, Jean-Marie Barbançon estime que « si nous n’arrivons pas à changer rapidement le cours des choses, l’apiculture française sera sous la botte de l’agrochimie, l’apiculture sera muselée, l’apiculture sera filière occupée et ceux qui auront accepté et cautionné cela en porteront la responsabilité pour de longues années ». Face à ce danger, l’apiculteur-vétérinaire compte bien organiser « la résistance ». Reste à savoir si le nouvel institut apicole se fera sans la contribution de ces syndicats contestataires. Une question qui ne semble pas gêner outre mesure Pascal Vine, qui a d’ores et déjà précisé que la première réunion du conseil d’administration aurait lieu le 22 janvier 2010. Bref, les chiens aboient, la caravane passe...

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