Libération découvre enfin les curieuses méthodes du professeur Belpomme !

actualités 14 | 11 | 2007

Libération découvre enfin les curieuses méthodes du professeur Belpomme !

Dans son compte-rendu de l’audition du professeur Dominique Belpomme par la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, au sujet de son rapport très controversé sur la pollution des Antilles par le chlordécone, la journaliste Eliane Patriarca ne mâche pas ses mots. Peut-être n’a-t-elle pas apprécié le fait que le cancérologue le plus médiatique de France s’en est fortement pris aux médias, qui lui auraient « fait dire ce qu’il n’avait jamais dit » ?

« Vous avez repris à 80 % le constat fait depuis 1993, a souligné le président de la Commission, Patrick Ollier, c’est cela qui n’est pas très honnête dans votre communication », relate la journaliste, qui s’attelle à relativiser les propos alarmistes du professeur en citant plutôt ceux du professeur Luc Multigner, qui a mené plusieurs études épidémiologiques depuis 1999, et de Juliette Bloch, pédiatre épidémiologiste de l’Institut national de veille sanitaire (INVS). Cette dernière « a fermement réfuté les affirmations du Pr Belpomme concernant un boom des cancers du sein aux Antilles. “Le nombre de ces cancers augmente aux Antilles comme en métropole mais l’augmentation est moins importante”, a-t-elle même précisé », peut-on lire dans le quoditien.

« “Personne n’est parfait”, s’est alors enfoncé le professeur Belpomme, reconnaissant encore des “imperfections” dans son rapport, mais en rejetant la faute sur des “épidémiologistes antillais” qui lui auraient transmis des “informations erronées”. “Les incertitudes, peut-être même les inexactitudes, qui existent dans ce rapport résultent d’une tromperie des informations que nous avons récoltées en Martinique”, s’est maladroitement défendu le professeur », poursuit Eliana Patriarca. « Je vous remercie, professeur, d’avoir indiqué que votre rapport comportait des inexactitudes. Je dis à ceux qui l’ont utilisé qu’il faut faire attention avant de le lancer dans les médias », a ensuite ironisé le député Patrick Ollier, en charge de la Commission.

Conclusions sanglantes de la journaliste : « L’audition du professeur Belpomme a néanmoins laissé un profond sentiment de malaise, devant ce qui ressemble pour le moins à un manque de rigueur impardonnable pour un scientifique, sur des sujets aussi délicats et anxiogènes pour les populations concernées ». Impardonnable pour un scientifique ?

Curieusement, l’article d’Eliana Patriarca ne figure pas parmi ceux que François Veillerette, le président du MDRGF, adresse habituellement aux abonnés de sa liste de diffusion. Pourtant, d’ordinaire, il ne rate aucune occasion de révéler les scandales liés aux pesticides...

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