Manger du fromage fait souffrir les vaches !

actualités 21 | 01 | 2010

Manger du fromage fait souffrir les vaches !

Dans le monde de la radicalité, on trouve toujours plus fort. Ainsi, après la campagne visant à réduire la consommation de viande « responsable de l’effet de serre », lancée par l’auteur d’une trilogie à charge contre l’agriculture conventionnelle, Fabrice Nicolino, voici celle de Florent Ourth et de son « réseau contre le spécisme [1] ». Le militant végétalien propose en effet de supprimer la consommation de lait, de yaourt et de fromage. « Souffrance animale, crise environnementale, sous-alimentation d’un milliard d’êtres humains, tout pousse les consommateurs soucieux d’éthique à végétaliser leur alimentation », explique Florent Ourth, qui anime un forum de discussion d’amis végétaliens sur le net. Ensemble, ils ont décidé de lancer la campagne La vache qui pleure. « Souvent, les végétaliens passent pour des fous, alors nous voulons pouvoir expliquer notre choix », a indiqué à A&E le militant. « Une opération de dégustation afin de faire découvrir le vaste monde des laits végétaux » a ainsi eu lieu mercredi 20 janvier, place de la République à Paris. « Avec une quinzaine d’amis, on a distribué une petite centaines de chocolats chauds au soja, enrichis en calcium et avec du sucre roux, et on a distribué 300 tracts. Tout cela dans une ambiance bien conviviale », poursuit Florent Ourth, qui a découvert les joies du végétalisme dans un squat grenoblois, il y a cinq ans. Depuis, il a rejoint le conseil d’administration de L214, une association spécialisée dans les attaques contre le gavage, les élevages cunicoles et les conditions de vie des poules pondeuses.

Sur son site Internet, Florent Ourth indique que « le lait, qui semble être un parfait produit innocent, est pourtant synonyme de souffrance », car « nous ne pouvons nier l’évidence, TOUS les animaux de TOUS les élevages sont abattus. Dans le cas du lait, après 5 ans de traite intensive, la vache n’en pouvant plus devient moins productive. Elle finit en boucherie alors qu’elle pourrait vivre entre 15 et 20 années de plus. » « Malheureusement, le mangeur de produits laitiers croyant ne pas participer à la tuerie des animaux se trompe, car certes, il n’avale pas de cadavres, mais il se nourrit d’un circuit qui tue les femelles épuisées, les mâles improductifs et tous ceux qui ne sont pas rentables », poursuit le végétalien, qui formule la même critique envers les œufs : « La filière des poules pondeuses n’est pas plus sympathique, on dit qu’acheter un œuf intensif c’est imposer une journée de souffrance à une poule ».

Pour le militant, « un végétarien consommant des produits issus du calvaire intensif (panini trois fromages, omelette, yaourt...) peut provoquer plus de souffrance qu’un omnivore limitant sa consommation animale et choisissant bien ses produits (élevage moins intensif labellisé Bio AB, Rouge ou petite exploitation) ». Le juste choix ne consiste donc pas à diminuer cette consommation, mais bien à la supprimer : « Le désir de stopper ces souffrances exige de rejeter tout ce qui est issu de l’élevage, car bio ou non, les animaux y sont élevés pour être exploités au détriment du bien-être de chacun ». Certes, il admet que « notre culture (de la viande, du fromage) et le regard des autres peuvent rendre difficile l’abandon des produits d’origine animale ». Mais pour lui, « la cuisine végétalienne est ”délicieuse et équilibrée” ! Délicieuse ? Pourquoi pas ? Mais équilibrée, sûrement pas. Comme il l’admet lui-même, « la carence en vitamine B12 est connue chez les végétaliens. Il faut y faire attention, car elle peut provoquer des troubles neuro-psychiatriques importants ». Sa solution : « consommer des produits supplémentés en vitamine B12 ou prendre des compléments (La vitamine B12 Delagrange et la vitamine B12 Gerda sont souvent conseillées car végétaliennes et dans toutes les pharmacies) ». Avec une ordonnance, ces ampoules de vitamines sont même remboursées par la Sécurité sociale au taux de 65%, le complément pouvant être pris en charge par une bonne mutuelle. En revanche, les quelques litres de soja distribués gratuitement ce mercredi 20 janvier n’ont pas été prélevés sur le budget de la santé nationale : c’est l’association L214 qui est venue en aide au militant. Avec un peu plus d’audace, ce dernier aurait pu solliciter le soutien des laboratoires Sanofi-Aventis, le fabricant des ampoules de supplément B12 Delagrange !

[1Définition du « Spécisme ». Le spécisme (ou espécisme) est à l’espèce ce que le racisme est à la race, et ce que le sexisme est au sexe : une discrimination basée sur l’espèce en faveur de l’espèce humaine.

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