actualités 26 | 02 | 2007

Marion Guillou, directrice de l’Inra, fait des révélations au sujet du Gaucho.

La chose est suffisamment surprenante pour être relevée : Marion Guillou, directrice de l’Inra, a enfin révélé ce qu’elle pense de l’affaire du Gaucho.

« Je crois que l’histoire nous dira que l’affaire du Gaucho a été un peu manipulée. Je ne suis pas sûre que les syndicats d’apiculteurs à l’origine des contestations aient eu des pratiques professionnelles totalement transparentes. [...] Au total, je crois que la mortalité des abeilles a eu des causes multifactorielles. Malheureusement, on a camouflé la complexité de la question en polarisant sur le Gaucho. [...] Nous n’avons pas pu aller au bout des études en France, car il y avait des gens qui défendaient une thèse. Et la thèse, c’est que le Gaucho était le grand responsable. [...] Nous avons lancé une enquête auprès des services vétérinaires pour connaître la mortalité des ruches. Et il a été impossible d’obtenir des chiffres sur cette mortalité, qui nous auraient renseignés sur les liens entre cette dernière et l’emploi du Gaucho. Les apiculteurs ont refusé de répondre aux demandes des services vétérinaires. »

Le comble, c’est que cette déclaration très pertinente figure dans le livre de François Veillerette et de Fabrice Nicolino, Pesticides, révélations sur un scandale français ! C’est d’ailleurs la seule révélation de l’ouvrage des deux militants écologistes, le reste étant particulièrement soporifique, sauf pour les adeptes de la théorie du complot. Dans le rôle des méchants, on y retrouve « le lobby des pesticides » avec sa « stratégie de l’araignée », ainsi qu’une ribambelle de savants responsables de crimes contre l’humanité, qui ensemble se sont « emparés en dix années de tous les leviers de pouvoir, de tous les centres de décision ». Dans celui des gentils défilent les incompris de la communauté scientifique : on aura nommé les éternels Jean-Marc Bonmatin, Marc-Edouard Colin, Jean-François Narbonne, Gilles-Eric Séralini, Charles Sultan et l’inévitable Dominique Belpomme, « une sommité de la cancérologie [...] connu, très connu dans le monde entier pour la qualité de ses recherches ». Des hommes si intelligents, si perspicaces, si honnêtes et si courageux. Bref, de vrais prophètes !

Fabrice Nicolino et François Veillerette se jouent avec aisance des mécanismes bien rodés consistant à livrer aux lecteurs « une construction délirante et néanmoins organisée », et dont « la méthode, qui est aussi celle des négationnistes, consiste à empiler certains faits réels sur d’autres controuvés, puis de passer le tout au hachoir de la surinterprétation »... une critique signée Fabrice Nicolino (!), dédiée à son collègue Thierry Meyssan lors de la sortie de son livre L’effroyable imposture.

Rédigé dans un style pompier et sur un ton suffisant, l’ouvrage des deux militants écolos est une sorte de roman à la X-files pas du tout convaincant. Le pire, c’est que ses auteurs semblent y croire !

pesticides

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