MDRGF : François Veillerette se pose en victime

actualités 11 | 06 | 2009

MDRGF : François Veillerette se pose en victime

Mais qu’arrive-t-il à François Veillerette ? A en croire son dossier de presse remis le 3 juin à Paris, le président du Mouvement pour les droits et le respect des futures générations (MDRGF) serait la victime d’une vaste opération consistant à le « faire taire » ! « Notre travail dérange tous ceux qui voudraient que rien ne change dans les pratiques agricoles polluantes actuelles », indique le communiqué, rendu public lors de la conférence. « C’est la liberté que tout contre-pouvoir citoyen a dans ce pays de pouvoir réaliser et publier un travail d’information qui est mise en cause », poursuit le texte. « C’est un scandale que nous entendons dénoncer », affirme François Veillerette, qui a déjà réuni son comité de soutien. On y retrouve les habituels activistes de la galaxie verte (Gilles-Eric Séralini, Jean-Paul Jaud, Dominique Belpomme, Jean-Marie Pelt, Yves Cochet, Serges Orru, etc.), ainsi que d’autres « victimes » notoires et militantes de la cause environnementaliste, comme Philippe Desbrosses, Christian Velot ou André Cicolella. Un site internet est déjà dédié à « l’affaire », dont la cause sera bientôt plaidée par deux avocats éprouvés : la très médiatique Corinne Lepage et Alexandre Faro, le brillant conseil de Greenpeace. L’enjeu est de taille puisque « une défaite du MDRGF menacerait gravement la liberté d’expression », ose affirmer le communiqué de presse.

Mais qui veut donc faire taire le MDRGF ? Les puissances de l’agrochimie auraient-elles décidé d’en finir avec François Veillerette ? Pire, la FNSEA aurait-elle orchestré une opération d’intimidation ? Rien de tel. Simplement, il y a quatre mois, la toute petite Fédération nationale des producteurs de raisins de table (FNPRT), dont le budget annuel est inférieur à celui du MDRGF (moins de 50.000 euros pour la FNPRT, contre 100.000 euros pour le MDRGF) a assigné devant le tribunal de grande instance de Paris l’association anti-pesticides. Son président, René Reynard, estime que « la présentation non nuancée des résultats de l’enquête du MDRGF sur les résidus de pesticides dans les raisins a jeté l’anathème sur l’ensemble d’une profession ». Comme le note Laure Noualhat, journaliste à Libération, « c’est plus la façon dont le MDRGF a présenté ses résultats que les résultats eux-mêmes qui choque les producteurs de raisin. » «  L’enquête est malhonnête car les raisins français ne posent pas de problème : il est normal que nous trouvions des traces, tout dépend de leur niveau », lui a d’ailleurs confié René Reynard, qui estime que « faire passer l’ensemble de la profession pour des empoisonneurs, c’est comme si on traitait tous les conducteurs français de chauffards sous prétexte qu’il y en a sur les routes ». D’où la raison de sa colère et de l’assignation en justice.

Or, sans être naïf sur l’appréciation singulière que peut rendre la justice à certaines occasions, la bienséance veut au moins qu’on laisse aux magistrats le temps de faire leur travail. Il est assez singulier de constater une telle agitation médiatique avant même le début du procès. Car de deux choses l’une : soit le président de la FNPRT a raison, et la profession mérite réparation à hauteur du préjudice, que devront alors estimer les magistrats ; soit François Veillerette n’a rien à se reprocher – ce qu’il défend très habilement dans son dossier de presse –, et il n’a donc rien à craindre du tribunal.

Générations Futures/MDRGF écologie politique