MMe Bachelot va-t-elle mettre sous embargo la brochure Santé du NACRe ?

actualités 11 | 03 | 2009

MMe Bachelot va-t-elle mettre sous embargo la brochure Santé du NACRe ?

Finalement, Roselyne Bachelot a fait marche arrière, et c’est tant mieux. La ministre de la Santé a répondu au député Thierry Mariani, qu’il « n’a évidemment jamais été question d’interdire les dégustations, les fêtes traditionnelles, les salons, les fêtes œnologiques diverses qui font partie de notre culture française et de notre culture viticole ». Suite à la forte mobilisation de la filière viticole – et dont Agriculture et Environnement s’est fait écho dès le 23 février 2009 (voir «  Un seul verre de Château Yquem ou de Petrus serait dangereux pour la santé, affirme Roselyne Bachelot ! ») –, le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » a donc été amendé afin de lever toutes les ambiguïtés à ce sujet. On peut en effet difficilement comprendre comment concilier l’idée d’asseoir la politique agricole du gouvernement sur les terroirs de France et, d’autre part, stigmatiser le vin, qui représente avec le fromage l’un de ses symboles forts. Quoi qu’il en soit, cette remarquable volte-face de la ministre signifie également une réfutation implicite de la brochure Nutrition & Prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations, émanant de ses propres services et qui a été publiée par le réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe).

En conséquence, Mme Bachelot ne peut plus en rester là. On voit mal la ministre affirmer que la viticulture fait partie de notre patrimoine culturel et en même temps laisser dire que la consommation modérée de vin constitue un danger de santé publique. Elle ne peut donc difficilement laisser en l’état le texte du document du NACRe à destination des professionnels de la santé, sans prendre le risque d’une action en justice pour « diffusion d’un document contenant des faits erronés entrainant le dénigrement d’un produit » ; une hypothèse d’ailleurs en discussion dans certains milieux de la profession, qui pourraient motiver leur plainte sur la base des trois points suivants :

1- Le fait d’avoir mentionné les effets négatifs de l’alcool, sans avoir signalé l’exception d’une consommation modérée de vin, alors qu’elle est reconnue et démontrée par de nombreuses études scientifiques (voir dossier « Vin et Santé » de AE).
2- Plus spécifiquement le fait d’avoir lié le risque de certains cancers avec la consommation dès le premier verre de vin sans mentionner que ce même risque diminuait pour d’autres (cancers du sein, de la bouche, du poumon, de la prostate et de certaines lignées leucémiques de cellules).
3- En général, le fait d’avoir dissimulé dans un document officiel sur la santé les nombreux éléments positifs qu’entraîne une consommation modérée du vin, en particulier du vin rouge (dont les risques cardiovasculaires et les effets préventifs dans la maladie d’Alzheimer).

Comme l’a indiqué à AE, James de Roany, président de la commission « Vins & Spiritueux » des conseillers du commerce extérieur de la France « dès lors qu’il s’agit de vin, le monde entier à les yeux braqué sur la France. Les informations publiées avec la caution du Ministère de la Santé indiquant que la consommation de vins peut engendrer le cancer dès le premier verre ont fait le tour du monde et sûrement un dégât considérable ». D’où l’importance d’une réaction forte et visible de la profession...

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