actualités 11 | 10 | 2007

OGM : « in fine le parlement décidera » , déclare Louis Giscard d’Estaing

Un groupe de parlementaires de tous horizons a tenu à s’exprimer au sujet des OGM le 3 octobre 2007, lors de la conférence de presse organisée à l’Assemblée nationale par Orama, l’union qui fédère les associations « grandes cultures » de la FNSEA . Louis Giscard d’Estaing, François Sauvadet, Jean-Yves Le Déaut, Michel Raison et Christian Ménard ont ainsi rappelé qu’il existe un parlement, et que celui-ci « sera in fine celui qui décide ». « On ne se contentera pas d’un simple débat parlementaire de 40 minutes sur tous les sujets qui ont été traités lors de ce “Grenelle” », a déclaré Christian Ménard, faisant allusion aux deux débats qui devaient avoir lieu juste après cette réunion, les 3 et 4 octobre derniers.

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a beau affirmer que sur le sujet des OGM, « la position de la France sera définie à l’issue du Grenelle de l’environnement par le président de la République et le premier ministre », il va donc falloir prendre en compte l’avis des élus de la République. D’autant plus que, comme l’a rappelé le député socialiste Jean-Yves Le Déaut, « il y a quand même eu sur les OGM une mission d’information parlementaire dont Christian Ménard a été le rapporteur et à laquelle ont été associés des membres de toutes les familles politiques ». En six mois, cette mission a entendu plus de 130 personnes à l’occasion de 32 auditions privées et de dix tables rondes. Des chercheurs de l’Inra, du CNRS, de l’INSERM, de l’Institut Pasteur, et du CIRAD ont été auditionnés, mais ausi des membres de la société civile, y compris des représentants d’associations écologistes et anti-OGM. S’en est suivi un volumineux rapport de 844 pages, intitulé Les OGM : une technologie à maîtriser. « A la suite de ce rapport, nous avons élaboré 60 propositions pour une approche progressive au cas par cas », a indiqué le président de la mission, Jean-Yves Le Déaut, qui se demande si le ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo compte lui demander son avis. En ces temps « d’ouverture », ce serait en effet la moindre des choses, au regard de l’expérience qu’a pu acquérir le député de Meurthe-et-Moselle au cours de son travail parlementaire sur ce sujet.

Comme ses collègues présents lors de la réunion du 3 octobre, le député s’est dit très inquiet de la position dominante que sont en train d’acquérir les Etats-Unis dans les biotechnologies végétales. « Certains veulent supprimer toute expérimentation en plein champ. Or pour lutter contre la domination américaine, il faut être capable à un moment de se doter d’une capacité d’expertise », a-t-déclaré.

Louis Giscard d’Estaing, député UMP de Chamalières, a pour sa part tenu à souligner que le président Sarkozy considérait la question agricole comme stratégique. « Pour des raisons d’indépendance et de sécurité alimentaires, l’approvisionnement des Européens ne peut pas dépendre de pays étrangers, au surplus exposés à des crises sanitaires ou des aléas climatiques sur lesquels nous n’avons aucune maîtrise », déclarait Nicolas Sarkozy le 11 septembre 2007 au salon SPACE, à Rennes. Pour le député de Chamalières, il est donc hors de question que la France prenne un retard suplémentaire dans le dossier des OGM. « La France ne peut pas faire l’impasse de cette technologie et en même temps revendiquer son indépendance alimentaire. Il faut au minimum une certaine cohérence. Et cette cohérence, nous comptons bien l’apporter lors des discussions au Parlement », a-t-il conclu.

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