OGM : José Bové sort son chéquier

actualités 15 | 10 | 2010

OGM : José Bové sort son chéquier

Lors de l’ouverture du procès de Marmande, le 11 octobre 2010, l’avocat de José Bové, Maître Etelin, a remis à l’agriculteur Claude Menara un chèque de 24.308 euros. Une dette qui résulte de la condamnation par le tribunal correctionnel de Marmande de trois jeunes pris par la police en flagrant délit de destruction de parcelles OGM, le 2 septembre 2006. Condamnés un mois plus tard à verser à Claude Menara 25.000 euros pour dommages et intérêts, et pour préjudice matériel et moral, les trois jeunes n’avaient jamais pu honorer leur dette, car ils n’étaient pas solvables.

Le procès des 86 faucheurs concerne la même action et fait suite à une demande de Claude Menara, qui a estimé que la réelle responsabilité de cet acte destructeur ne pouvait être endossée seulement par ces trois jeunes. D’où son action en justice contre l’ensemble des faucheurs, et surtout contre leurs leaders, José Bové et Dominique Planck.

Ce « geste de réparation » soudain de Maître Etelin n’est bien entendu pas anodin. L’avocat a ainsi pu plaider devant la cour que le préjudice matériel et moral avait enfin été réglé. Pourquoi un règlement aussi tardif, pourrait-on se demander ? Maître Etelin a indiqué lors de l’audience que « Claude Menara a jusqu’à présent refusé tout règlement ». « On m’a proposé 15.000 euros pour solde de tout compte, alors que mon dommage a été estimé à 25.000 euros. Pire, on m’a fait comprendre que je risquais de ne rien avoir si je n’acceptais pas ce deal », rectifie l’agriculteur, qui trouve surprenant un tel retournement de position de la part de l’avocat de Bové, à quelques minutes du début de l’audience.

Son geste témoigne sans aucun doute d’une volonté d’apaisement de la part de José Bové, voire d’une reconnaissance de la violence physique et morale des fauchages. Il permet également au député européen de faire bonne figure. Toutefois, il représente un double aveu : non seulement Claude Menara était bien dans son plein droit, mais surtout à aucun moment l’agriculteur n’a porté préjudice à ses collègues lot-et-garonnais, alors qu’il cultivait des OGM depuis plusieurs années. Difficile dans ces conditions d’évoquer un « danger imminent ». C’est cependant ce qu’a plaidé Maître Etelin quelques minutes plus tard...

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