actualités 08 | 09 | 2006

OGM : l’ « étude » prétexte

L’« étude » présentée le 30 août 2006 par le Collectif Aquitaine Avenir sans OGM, et intitulée Etude d’une pollution génétique en Lot-et-Garonne, doit être financée par le conseil général d’Aquitaine à hauteur de 11.000 euros, soit un montant qui couvre essentiellement les frais d’huissier, d’analyses et l’achat de matériel, le reste ayant été réalisé bénévolement par des militants engagés.

Ainsi, à quelques mois des élections présidentielles, les Verts - qui codirigent avec le Parti socialiste le conseil régional d’Aquitaine - devraient apparemment obtenir sans grande difficulté un petit coup de pouce financier bien sympathique. En effet, qui est à l’origine du Collectif Aquitaine Avenir sans OGM ? Hormis quelques militants proches de la Confédération paysanne, de Greenpeace et des Amis de la Terre, on retrouve surtout Michel Daverat, président du groupe des élus Verts au conseil régional d’Aquitaine, et condamné en novembre 2005 à deux mois de prison avec sursis pour fauchage d’un champ OGM, le 25 juillet 2004, à Menville ; Bérénice Vincent, conseillère régionale des Verts, en charge du dossier OGM au conseil régional et représentante de l’Aquitaine dans le Réseau des régions et des autorités locales européennes « sans OGM » ; et Bernard Péré, vice-président du Civam Agrobio 47, adhérent des Verts et conseiller au Conseil économique et social régional d’Aquitaine. Cependant, le plus curieux est que ces militants Verts sont allés chercher les amis de Philippe de Villiers pour réaliser une partie de leur étude ! En effet, parmi leurs conseillers, on retrouve cette fois-ci des militants notoires du Mouvement pour la France. C’est le cas de Béatrice Robrolle, responsable départementale du parti de Philippe de Villiers dans l’Indre, et de Frank Aletru, un apiculteur vendéen très proche du vicomte et responsable à la FDSEA de Vendée. Avant de fournir leurs services aux Verts et aux amis de la Confédération paysanne, Béatrice Robrolle et Frank Aletru s’étaient d’ailleurs déjà fait remarquer pour leur participation à... la Coordination rurale (voir L’étrange composition de la section apicole de la Coordination rurale !

Quant aux résultats « scientifiques » de l’étude d’à peine 22 pages, dont 7 sont reprises de documents de Greenpeace et des Amis de la Terre, ils n’apportent rien de très nouveau. En bref, l’équipe « scientifique » de Béatrice Robrolle a simplement prouvé que lorsque l’on faisait butiner du maïs transgénique par des abeilles, celles-ci rapportaient leur récolte à la ruche ; tandis que Philippe Catinaud, en charge du volet « contamination maïs », obtient des seuils de contamination nettement inférieurs à ceux obtenus par l’institut de recherche agronomique Arvalis, qui ont été publiés en septembre 2006 dans Perspectives Agricoles, et qui ont servi à établir des zones refuges de 20 m.

Mais peut-être s’agit-il en fait d’un document plus destiné à la justice qu’à la recherche. Le champ de maïs OGM qui a « servi » à l’« étude » est en effet celui contre lequel Greenpeace et José Bové se sont acharnés depuis le début de l’été. Dans un premier temps, Greenpeace l’avait marqué d’une croix de 30 m de diamètre. Dans un second temps, ce champ a été en grande partie détruit par une troupe de 250 à 300 personnes, dont José Bové. Le procès de certains d’entre eux doit se dérouler le 19 septembre à Marmande.

Le document serait donc un simple prétexte pour justifier auprès de magistrats un délit de droit commun.

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