OGM : le cirque français continuera-t-il jusqu'à la fin du Grenelle 2 ?

actualités 13 | 02 | 2009

OGM : le cirque français continuera-t-il jusqu’à la fin du Grenelle 2 ?

Alors que les arguments mis en avant par le gouvernement pour justifier la clause de sauvegarde française sur le maïs transgénique MON 810 s’effondrent les uns après les autres, le ministère de l’Ecologie tente une ultime défense en prétextant maintenant que « le fondement de la clause de sauvegarde, qui concerne la culture en plein champ du maïs Monsanto 810, repose sur des risques jugés sérieux pour l’environnement et non pas sur des risques sanitaires ». « La France n’a jamais dit qu’il y avait un problème sanitaire. Elle a dit qu’il y avait un problème environnemental, de risque de dissémination, de résistance à des produits ou d’impact sur d’autres espèces », a expliqué Chantal Jouanno, la nouvelle secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie.

Or, si la clause de sauvegarde ne repose pas sur d’éventuels « risques sanitaires » – ce qui au moins a le mérite d’être rassurant –, pourquoi ces « risques » figurent-ils dans le rapport du Pr Yvon Le Maho, présenté pour justifier la décision française ? Et pourquoi le gouvernement a-t-il saisi l’Afssa afin que ses experts étudient les arguments du Pr Le Maho, si ceux-ci ont si peu d’importance ?

Pire, comment le Premier ministre François Fillon peut-il « prendre acte » de l’avis du collège d’experts de l’Afssa, c’est-à-dire accepter que l’analyse du Pr Le Maho est entachée d’erreurs en ce qui concerne son volet santé, sans avoir de « sérieux doutes » sur le volet « environnemental » ? D’autant plus que le Pr Le Maho n’est pas un spécialiste des questions environnementales.

En effet, l’importance de l’avis de l’Afssa ne se borne pas à confirmer l’innocuité de cet OGM : il porte atteinte à la crédibilité scientifique de l’ensemble du rapport d’Yvon Le Maho. Or, c’est le seul et unique document à caractère scientifique apporté par la France pour justifier la clause de sauvegarde ! Il n’y en a pas d’autre ! Et ce document a déjà été analysé par l’autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa), qui le considère comme sans pertinence, y compris sur son volet environnemental. Que demander de plus ? L’avis de José Bové ?

En réalité, l’affaire est simple : la clause de sauvegarde procède d’un marché de dupes entre le président de la République et quelques associations écologistes notoires, comme le WWF (dont le Pr Yvon Le Maho est membre du conseil scientifique) ou la Fondation Nicolas Hulot (dont le même Pr Yvon le Maho est membre du Comité de veille écologique). Un marché de dupes pour les écologistes parce que le président de la République tient simplement à s’assurer leur collaboration jusqu’à l’adoption du projet de Loi « Grenelle 2 ». Comme l’a d’ailleurs indiqué récemment un fonctionnaire du ministère de l’Agriculture, devenu très loquace depuis son départ annoncé dans le privé, le gouvernement « ne veut pas lever cette clause de sauvegarde, en tout cas pas trop vite ». Une déclaration qui prend tout son sens au regard des propos du premier ministre rapportés par Le Figaro le 13 février. Ce dernier a en effet déclaré que contrairement à l’Autriche, la France « respectera la décision de la Commission européenne ». Mais il s’agit surtout d’un marché de dupes pour Nicolas Sarkozy, qui aura ainsi réussi à perdre la confiance du monde agricole, sans pour autant gagner celle du monde de l’écologie, qui lui est de toute manière hostile...

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