actualités 03 | 11 | 2008

OGM : le roi Borloo est nu !

Rendu public le 29 octobre dernier, l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa/Aesa) concernant la clause de sauvegarde française sur le maïs transgénique de Monsanto MON 810 est sans grande surprise : il ne fait que confirmer celui émis par l’Afssa le 30 avril dernier. Il représente néanmoins une sévère douche froide pour Jean-Louis Borloo et sa secrétaire d’Etat Nathalie Kosciusko-Morizet.

Comme l’a noté dans un communiqué de presse Christian Demuynck, sénateur UMP de Seine-Saint-Denis, « cette décision met la France dans une situation bien délicate : elle remet clairement en cause l’expertise française ». Pour justifier sa décision, le ministre de l’Environnement avait en effet mis en place un comité d’experts, confié au sénateur Legrand, et dont les conclusions avaient été très maladroitement instrumentalisées à des fins politiques. Le ministre avait ensuite diligenté le Pr Yvon Le Maho, afin que ce grand spécialiste de l’observation des manchots aux îles Crozet donne de la substance à la clause de sauvegarde française. Il avait donc rédigé un rapport, sur lequel l’Afssa devrait se prononcer d’ici la fin de l’année. Difficile de penser que les conclusions de l’Afssa diffèrent de celles de l’Efsa. D’autant plus que comme le notent Jean-Baptiste Bergé, directeur de recherches à l’Inra et Agnès Ricroch, maître de conférences, en guise d’introduction à un texte intitulé Analyse critique du rapport de Monsieur Yvon Le Maho, « ce rapport révèle une certaine méconnaissance de la littérature scientifique et un manque de compétences sur les OGM pour l’analyse des références bibliographiques. » Le débat scientifique concernant la clause de sauvegarde française sur le MON 810 sera bientôt clos : du point de vue scientifique, rien ne peut justifier la décision française.

Reste la question politique, dernier retranchement du ministre de l’Environnement. Ce dernier a déclaré prendre acte de « l’avis formulé par l‘Efsa », tout en rappelant que « cette clause a été décidée dans le cadre du droit européen » et que « la décision revient au Conseil des ministres européens puis éventuellement à la Commission européenne ». Certes ! Mais pourquoi le Conseil devrait-il suivre la position française puisqu’il est maintenant reconnu qu’elle ne repose sur aucun élément scientifique ? Non seulement le roi Borloo est nu, mais il continue à s’exposer sans pudeur. Il est vraiment temps que le président Sarkozy mette un terme à cette grossière mascarade !

Télécharger :

- L’avis de l’Efsa

- Analyse critique du rapport de Monsieur Yvon Le Maho, par Agnès Ricroch et Jean-Baptiste Bergé

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