OGM, OTAN : l'arrogance française

actualités 19 | 02 | 2009

OGM, OTAN : l’arrogance française

Dans le dossier des OGM, on peut difficilement prétendre que la France joue la carte de la transparence. C’est ce qu’a montré le journaliste du Figaro Marc Mennessier, dans un article concernant l’avis de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur le rapport du Pr Yvon Le Maho. Ceci n’a pas empêché Michel Barnier et Jean-Louis Borloo d’adresser le 28 janvier 2009 un courrier à la directrice générale de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa), pour lui faire part de leurs interrogations communes sur « la procédure suivie et ses modalités, notamment pour améliorer la garantie de transparence des échanges entre les scientifiques » !

Les deux ministres reprochent à l’Aesa que l’avis de quatre experts français présenté le 9 octobre 2008 n’ait pas été « pris en compte ni rendu public au même titre que l’avis de l’Aesa ». « L’avis publié sur le site de l’Aesa dès le 29 octobre fait état de la seule position du Panel », s’insurgent les deux ministres, qui joignent en annexe les « observations sur l’avis de l’AESA concernant la clause de sauvegarde française sur le MON810 ». Rédigé par les quatre experts français, ce document mélange allègrement gestion du risque (qui est du ressort du politique) et évaluation du risque (qui est du ressort de l’Aesa). En clair : le document est hors sujet.

Mais il y a pire, estiment les deux ministres. Ces derniers s’indignent de « la faible participation du Panel à l’entretien avec les scientifiques français, qui a eu lieu le 9 octobre dernier ». Face aux quatre experts français, « seuls 7 membres étaient présents et le président absent », indique leur courrier. Visiblement, l’Aesa n’avait pas mesuré la qualité exceptionnelle de l’échange qu’allaient apporter ces grands spécialistes français en biotechnologies ! Elle n’a pas déroulé le tapis rouge, comme il se doit lorsque Paris diligente ses experts. Un manque de savoir-vivre aussi flagrant que le fait de ne pas automatiquement permettre au président de la République française de s’asseoir à côté du secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, lors du prochain sommet de début avril – alors que la règle en vigueur veut que les chefs d’État et de gouvernement soient installés autour de la table par ordre alphabétique… Nicolas Sarkozy prendra donc la place du premier ministre belge, en tout cas tant que les caméra seront présentes dans la salle !

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