OGM : quand un rapport en cache un second…

actualités 13 | 02 | 2009

OGM : quand un rapport en cache un second…

Après le rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), dont Le Figaro a révélé les conclusions jeudi 12 février, un autre avis, toujours très favorable aux OGM, devrait être rendu public par l’agence dans les tout prochains jours.

Toutefois, la tempête médiatique qu’a suscitée la publication de l’avis sur le rapport Le Maho, au motif qu’il considérait le maïs transgénique MON810 comme sans danger pour la santé humaine et animale, est révélatrice de la difficulté à communiquer sereinement sur ce dossier. Fidèle à lui-même, José Bové en a profité pour dénigrer les travaux des experts de l’agence, dénonçant « un coup de force, à travers l’Afssa, du lobby pro-OGM », tandis qu’Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement, a déclaré que « l’avis de l’Afssa est un avis politique, ce n’est pas un avis scientifique ». Pour sa part, Arnaud Apoteker, de Greenpeace, « ne peut pas imaginer que la sortie de cet article dans Le Figaro n’ait pas été orchestrée ». Bref, pour les associations écologistes, il n’y a pas que l’Autorité européenne de sécurité sanitaire (Aesa) qui serait à la botte du lobby OGM : ce serait également le cas de l’Afssa.

Pour sauver le soldat Ryan (c’est-à-dire la clause de sauvegarde), le gouvernement a donc fait savoir que l’avis de l’Afssa n’apportait rien de neuf, et que les ONG n’avait rien à craindre puisque la clause de sauvegarde concerne uniquement les questions environnementales ! Bref, pas de quoi en faire une affaire d’Etat. Lundi prochain, à Bruxelles, le ministère de l’Ecologie pourra toujours défendre sa clause de sauvegarde avec un dossier dont l’argumentaire scientifique repose exclusivement... sur le rapport Le Maho ! Que l’Afssa confirme la totale innocuité de cet OGM (ignoré curieusement par le même expert désigné par le ministère de l’Environnement, le Pr Le Maho !) relève presque du fait divers...

L’autre avis « en cours de signature » concerne cette fois-ci une étude autrichienne. Publiée en novembre 2008, celle-ci suggérait des « effets biologiques de la consommation du maïs transgénique NK603 x MON 810 dans les études de reproduction à long terme chez la souris ». Selon des sources proches du dossier, les experts de l’Afssa récuseraient ces affirmations, soulignant que ces travaux « manquent de rigueur et sont entachés d’erreurs majeures ». Ce qui n’est pas étonnant puisqu’au minimum deux tableaux (le tableau 59 et le tableau 36) comportent des erreurs de calcul. Or, après correction, il n’y a plus rien de significatif dans les résultats obtenus par l’équipe autrichienne. Et ce n’est pas la seule surprise que réserve la lecture attentive de l’étude. Comme l’indique Agriculture & Environnement (qui propose son propre décryptage du rapport autrichien dans son édition de février 2009), celui-ci contient bien d’autres faiblesses : choix non judicieux des lignées de souris, composition différente des aliments donnés aux souris, manque d’informations sur les protocoles utilisés, etc. Autant de manquements qui retirent toute crédibilité à l’étude autrichienne et qui ne peuvent que déranger un allié de taille de Paris face à Bruxelles : Vienne !

Devra-t-on attendre une nouvelle fuite dans un grand quotidien pour que cet avis soit rendu public ? La question mérite d’être posée...

Pour recevoir l’analyse plus détaillée du rapport autrichien disponible dans le dossier d’Agriculture & Environnement du mois de février


Merci de remplir le formulaire ci-dessous.

ogm biotechnologie

Articles analogues