Pour Patrick Trillon, président de l'UNPT, « ce serait une erreur de se priver de la recherche sur les biotechnologies »

actualités 29 | 01 | 2008

Pour Patrick Trillon, président de l’UNPT, « ce serait une erreur de se priver de la recherche sur les biotechnologies »

En marge de la conférence de presse de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT), son président Patrick Trillona tenu à réagir aux propos de Valérie Pécresse. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a réaffirmé le « devoir de recherche » de la France dans le domaine des biotechnologies végétales, et en particulier des OGM. « Que la recherche publique française retrouve sa place dans la recherche végétale est une très bonne nouvelle, en particulier pour notre secteur », a commenté le président de l’UNPT, qui a confirmé l’intérêt de la profession à pouvoir disposer d’une pomme de terre résistante au mildiou. « Nous devons étudier toutes les solutions possibles – variétés classiques ou parcours agricoles alternatifs –, et ce serait une erreur de se priver de l’apport de la recherche sur les biotechnologies », a-t-il poursuivi.

Le mildiou est en effet un véritable défi pour la profession. Si cette année, ce fléau a encore pu être contenu, c’est grâce au très grand professionnalisme des producteurs de pommes de terre, «  armés d’instruments d’aide à la décision très performants, [qu’ils ont] développés depuis plusieurs années », explique Patrick Trillon. « Mais le combat contre le mildiou a également occasionné un surcoût financier moyen, lié à l’achat de produits phytosanitaires, de plus de 70 % (entre 200 et 300 euros l’hectare) », a tenu à préciser Martin Mascré, directeur de l’UNPT. Même les variétés dites plus tolérantes à ce redoutable parasite ont montré leurs limites.

Alors que la menace du mildiou va s’amplifiera dans les années à venir en raison de la montée en puissance de nouvelles souches dites A2, on ne voit rien de très nouveau à l’horizon, hormis quelques projets, dont un mené par BASF Plan Science. Celui-ci vise à transférer à des variétés conventionnelles de pommes de terre deux gènes d’une variété sauvage, Solanum Bulbocastanum, qui est naturellement résistante au mildiou. Dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’un transfert de gène d’une espèce à une autre, mais au sein d’une même espèce, voire d’une même famille. « Pourquoi ne pas débloquer une partie des 45 millions d’euros promis par l’Etat pour préparer l’avenir en poursuivant, en France, un tel projet de recherche de transgénie végétale ? », suggère Patrick Trillon. Des essais en plein champ ont déjà été réalisés en Suède en 2005, et aux Pays-Bas en Allemagne en 2006. Il serait en effet dommage que la France reste à la traîne...

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