Presque 25% de vins bio pas très bio…

actualités 15 | 01 | 2009

Presque 25% de vins bio pas très bio…

Contrairement à ce que laisse entendre régulièrement le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) de François Veillerette, trouver des pesticides dans des vin issus de raisins bio ne semble pas être très difficile. C’est en tout cas ce que vient de démontrer l’enquête sur la présence de résidus de pesticides dans le vin réalisée par Robert Remy, responsable Politique alimentaire pour la revue belge Test-Achats. Sur les 17 échantillons analysés, pas moins de 4 vins bio en provenance d’Afrique du Sud, d’Argentine, d’Italie et de France, achetés sur le marché belge en mai et juin 2008, contiennent en effet des résidus mesurables de pesticides. Comme le note Robert Remy, « ces résultats obtenus avec des échantillons comparables donnent une image nettement plus nuancée que celle de l’étude du PAN Europe. Selon cet organisme, tous les vins traditionnels renferment des résidus de pesticides et les vins bio n’en renferment, dans le pire des cas, que des traces ». Or, bien que non représentatif, l’échantillonnage de l’enquête belge indique une prévalence de presque 25 % de vins bio « contaminés » ! En 2008, une étude comparable effectuée par le programme consumériste A bon Entendeur de la télévision suisse romande avait mis en évidence des résidus mesurables sur 2 des 6 vins bio suisses analysés, soit 33 %.

Certes, dans aucun cas, les résidus ne dépassent la limite maximale de résidus (LMR). Il n’y a donc pas de risque pour la santé humaine. Cependant, les taux observés – à hauteur du mg/kg – indiquent clairement qu’il s’agit d’une utilisation active de ces produits. Ce ne sont pas de simples traces pouvant provenir d’une contamination fortuite depuis une parcelle voisine (et qui se mesurent plutôt en µ/kg).

Or, contrairement aux viticulteurs conventionnels, les viticulteurs bio sont censés respecter un cahier des charges rigoureux qui leur interdit tout usage de produit de synthèse. « Le consommateur est donc trompé et l’on peut se poser des questions sur la fiabilité du label bio et des organismes certificateurs », note la revue belge, qui plaide pour « un meilleur contrôle des vins issus de raisins de l’agriculture biologique par les organismes de certification ». En ce qui concerne le vin français, l’organisme certificateur Ecocert a apposé son label sur un vin « bio » qui contenait 0,03 mg/kg de pyriméthanil, un produit utilisé contre la moisissure grise chez le raisin !

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