Les produits bio vendus en Grande-Bretagne contiennent moins de pesticides que ceux vendus en France

actualités 20 | 10 | 2009

Les produits bio vendus en Grande-Bretagne contiennent moins de pesticides que ceux vendus en France

D’après le rapport annuel 2008 du Comité britannique sur les résidus de pesticides (Pesticide Residues Committee – PRC), 6,2 % des échantillons de produits bio vendus en Grande-Bretagne contenaient des résidus de pesticides. Un chiffre à comparer avec les 21,7 % établis dans la note de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les produits bio vendus en France en 2008 (voir article : Sur 256 échantillons de produits bio, plus de 50 ne sont pas « loyaux », comme le révèle une étude confidentielle de la DGCCRF).

Comme l’indique le rapport britannique, la surveillance des produits bio est établie dans le contexte général de la surveillance des pesticides dans la nourriture. « Ce rapport annuel montre que nous n’avons pas trouvé de résidus de pesticides dans environ 50 % des denrées alimentaires que nous avons analysées. Or, en neuf ans, nous avons augmenté considérablement le nombre de matières actives recherchées et nous avons amélioré la sensibilité de nos analyses de manière à ce que nos tests puissent détecter des niveaux très faibles de traces de produits. Cela a entraîné une augmentation du pourcentage d’échantillons indiquant des traces détectables de résidus. Toutefois, le pourcentage des denrées alimentaires analysées qui dépassent la norme légale de commerce, c’est-à-dire la limite maximale de résidus (LMR), est restée autour de 1,2 % », indique le Dr Ian Brown, président du PRC, qui précise que le programme de surveillance « cible essentiellement les denrées suspectées de contenir des résidus ». Ainsi, en 2008, 212 matières actives ont été recherchées dans plus de 4.100 échantillons. C’est donc un total de 606.000 combinaisons qui ont été analysées, occasionnant un coût de 2,1 millions de livres sterling, indique le PRC.

La présence de résidus de pesticides dans les denrées issues de l’agriculture conventionnelle n’a rien d’inquiétant dans la mesure où elle reste inférieure aux LMR définies pour chacun de ces produits. Même dans le cas d’un dépassement, cela peut simplement vouloir dire que cet échantillon provient d’un pays dont la LMR est différente de celle en vigueur en Grande-Bretagne. « Ce n’est donc même pas nécessairement une indication de mauvaise pratique agricole », précise le rapport du PRC.

En revanche, dès lors qu’il est question de denrées issues de l’agriculture bio, le problème se pose différemment. D’une part, tout produit contenant la moindre trace de pesticides de synthèse ne peut pas être considéré comme « loyal », c’est-à-dire conformes aux attentes des consommateurs, qui sont persuadés qu’ils achètent un produit sans résidu de pesticides de synthèse. D’autre part, il ne peut être question de LMR, puisque par définition l’usage de ces produits est interdit. L’étude britannique révèle que plus de 6 % des 242 échantillons bio analysés contenaient des résidus de pesticides, naturels ou de synthèse. Or, rien ne justifie de la présence, aussi faible soit-elle, de carbamates tels que la carbendazime, dans des haricots et du vin bio, ou le chlorprophame, un régulateur de croissance, dans des pommes de terre bio, ou encore le Iinuron, un herbicide, dans des épinards. C’est pourtant le cas d’échantillons de produits bio cultivés en Grande-Bretagne, mais surtout importés (notamment de vin d’Argentine, de tomates et d’épinards d’Italie, de pommes de terre d’Egypte, de noix de Bolivie et de concombres du Maroc). Selon le PRC, la présence de chlorméquat dans de la purée de tomates provenant d’Italie suggère que les tomates qui ont servi à la préparation ont été cultivées en dehors de l’Europe pour ensuite être « transformées et conditionnées en Italie » avant d’arriver dans les rayons bio d’un magasin de distribution britannique.

Enfin, bien que la roténone ait été interdite par la Communauté européenne (qui considère ce puissant pesticide comme trop dangereux pour la santé humaine), elle a été retrouvée à hauteur de 0,03 mg/kg dans des épinards et des concombres bio. Il est vrai que, faute d’alternative, des dérogations limitées aux utilisateurs professionnels – avec les équipements de protection appropriés – ont été accordées dans plusieurs Etats-membres, dont la Grande-Bretagne et la France...

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