Quand le Canard Enchaîné mélange bouse de vache et purin d'ortie

actualités 06 | 05 | 2010

Quand le Canard Enchaîné mélange bouse de vache et purin d’ortie

Jean-Michel Thénard, journaliste au Canard Enchaîné, a une belle plume, teintée d’ironie. Mais dès qu’il s’agit d’agriculture, il s’emmêle un peu les pinceaux. Pour preuve, son article intitulé Le Grenelle 2 carbonisé par les lobbies, paru dans le numéro du mercredi 28 avril 2010 de l’hebdomadaire satirique. Notant que « ces histoires d’engrais sont une affaire de spécialistes », le journaliste apporte quelques précisions à ses fidèles lecteurs, qui seront ravis de découvrir que derrière la dénomination certes barbare de « produits phytosanitaires » se cache simplement ce qu’on appelle en langage normal « un engrais chimique » ! Preuve, s’il en était besoin, que Jean-Michel Thénard n’a aucune affinité avec le pourtant très médiatique François Veillerette, expert déclaré des « phytosanitaires », qui lui aurait sûrement rappelé que confondre « bouse de vache » et « purin d’ortie » n’est pas digne d’un Canard, même petit et vilain. Autrement dit, un pesticide n’étant pas un engrais, un engrais n’est pas un produit phytosanitaire. Qu’on se le dise, au 173 rue St Honoré !

Mais le pire est à venir. Visiblement mal à l’aise dans ce dossier de « spécialistes », Jean-Michel Thénard tente d’expliquer comment « la FNSEA a gagné de haute lutte la bataille sur l’affichage des caractéristiques de chaque produit », concluant par un vibrant : « Et tant pis pour le consommateur, qui continuera à consommer sans savoir ce que contient son assiette ». En clair, le maudit syndicat a encore réussi à faire en sorte qu’on cache quelque chose au grand public. D’où le sous-titre « engrais au secret ». Après avoir mené une enquête digne de Rouletabille, Jean-Michel Thénard se livre à une analyse qui mérite une certaine attention. La voici in extenso : « Ces histoire d’engrais “étant une affaire de spécialistes, leur promotion doit se faire uniquement dans un cadre professionnel », s’est justifié Thierry Benoît, député Nouveau Centre, à l’origine de l’amendement qui interdit leur publicité à destination du grand public ».

En clair, l’amendement limitant la publicité pour la vente de pesticides – et non d’engrais – aux seules revues professionnelles ne permettra plus au consommateur de savoir ce que contient son assiette. Cherchez l’erreur...

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