Recul des surfaces en céréales bio, note FranceAgriMer

actualités 19 | 10 | 2010

Recul des surfaces en céréales bio, note FranceAgriMer

« Pour la campagne 2009-2010, hormis l’orge, toutes les autres surfaces en céréales (blé tendre, maïs, triticale) déclarées en agriculture bio pour les aides PAC sont en recul », a indiqué Michel Ferret, chef du service Marchés et études filières de FranceAgriMer, en marge de la dernière réunion mensuelle de l’établissement public. A cette occasion, une note concernant la situation des marchés céréaliers biologiques pour la campagne 2009-2010 a été distribuée.

En guise de bonne nouvelle, les auteurs annoncent une hausse des rendements en blé bio. La moyenne nationale se situerait à 32 q/ha (contre 72,6 q/h en conventionnel), soit 1 point de plus que pour la campagne précédente. C’est surtout bien mieux que les 23 q/ha de la campagne 2007-2008. Toutefois, rien ne permet de conclure quant à l’origine de cette augmentation très significative. Notamment en raison des très grandes disparités de rendements entre les régions, qui s’étalent entre 20 q/ha pour le Languedoc-Roussillon et le double en Lorraine et en Picardie. En outre, le recul des surfaces (moins 13 %) représente un autre facteur essentiel concourant au calcul de la moyenne. On peut en effet s’attendre à ce que les parcelles donnant les plus faibles rendements soient aussi celles qui ont été abandonnées. Seule une analyse beaucoup plus fine permettrait de mieux appréhender les raisons de cette augmentation. Celle-ci n’a cependant pas été suffisante pour permettre une meilleure collecte. En effet, celle de 2009-2010 s’élève à 55.152 tonnes, contre 59.095 tonnes l’année précédente ; une baisse de 7 % partiellement compensée par (1) une augmentation de la collecte de maïs et de triticale, (2) une forte présence des importations (plus de 30.000 tonnes de blé bio) et (3) un recul des stocks finaux, qui accusent une baisse de 23 % par rapport à la campagne précédente à la même époque.

Pour le maïs, non seulement les surfaces en bio ont également diminué (de 11.120 ha à 10.502 ha, soit un recul de 6 %), mais aussi les rendements moyens, « compte-tenu de la situation climatique plus défavorable que celle observée en 2008-09 » (56 q/ha, contre 66 q/ha pour la campagne précédente). Là aussi, les variations sont fortes : 35 q/ha en Normandie contre 77 q/ha dans le Nord-Pas-de-Calais. Curieusement, la collecte a été meilleure cette année (+8 %), en raison de la diminution de l’autoconsommation et des stocks à la ferme. Ce qui n’a toutefois pas empêché un recours aux importations à un niveau très supérieur à celui de l’année précédente (plus de 11.000 tonnes, soit une quantité correspondant à plus de 25 % de la collecte en France).

Malgré le discours toujours très enthousiaste d’Elisabeth Mercier, la directrice de l’Agence Bio, la campagne 2009-2010 ne rentrera donc pas dans les annales du bio. Mais peut-être sera-ce le cas de la campagne prochaine...

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