L'Unaf jette son masque : le syndicat d'Henri Clément préfère l'agit-prop à la santé des abeilles

actualités 14 | 01 | 2010

L’Unaf jette son masque : le syndicat d’Henri Clément préfère l’agit-prop à la santé des abeilles

C’était prévisible : l’Union nationale d’apiculture française (Unaf) tente désespérément de saborder l’Institut technique apicole créé par le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, suite aux recommandations de la mission parlementaire du député Martial Saddier.

« Nous assistons à une tentative de passage en force, totalement inacceptable, et ce d’autant plus que ces statuts ne correspondent en aucune manière à ce que nous souhaitions, c’est-à-dire un Institut indépendant et dirigé véritablement par les apiculteurs », s’est exclamé Henri Clément dans un courrier daté du 10 janvier 2010 et adressé aux parlementaires. Invoquant un vice de forme dans la constitution de l’Institut, l’Unaf a confié l’affaire à Maître Bernard Fau. Le syndicat prépare également une « grande manifestation pour le 22 janvier 2010, au 149 rue de Bercy ». C’est-à-dire lors de la première réunion du conseil d’administration du nouvel institut.

En réalité, le syndicat d’Henri Clément n’a pas supporté que le ministère de l’Agriculture opte pour la création d’un comité scientifique indépendant. « Le comité scientifique de l’Institut nommé par le ministre de l’Agriculture détiendrait véritablement un pouvoir de décision, alors qu’en principe, il ne possède qu’un rôle consultatif », déplore l’Unaf. Car si le syndicat avait accepté le principe d’un comité scientifique, c’était bien dans l’espoir de le contrôler de l’intérieur. Manque de chance, « ses » experts – c’est-à-dire les quelques derniers chercheurs français qui sont encore persuadés que l’origine des mortalités des abeilles réside exclusivement dans les pesticides – n’ont pas été retenus par le ministère. Or, sans un contrôle total de la recherche, l’Unaf craint de perdre son influence sur l’apiculture française. En effet, une gestion plus équilibrée de la recherche permettrait de prendre en compte les multiples problèmes de la filière, parfaitement résumés dans le rapport du député Saddier.

Mais tel n’est pas le souci de l’Unaf, dont l’existence repose davantage sur sa présence médiatique que sur l’aide apportée aux apiculteurs, amateurs comme professionnels. Ce qui explique que ce n’est pas la première fois que le syndicat apicole participe à la destruction de son propre institut. Comme le rappelle le journaliste du Figaro Yves Miserey, « L’Itapi [l’institut technique apicole mis en place par Raymond Borneck en 1973] a été torpillé [en 1990] par plusieurs dirigeants syndicaux, qui ont refusé de participer à son financement en versant la modique somme d’un franc par ruche ». Depuis, la filière ne s’est jamais portée aussi mal… et les pathologies des abeilles (varroa, loque noire, nosémose, virus, etc.) aussi bien !

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