Une nouvelle étude confirme que la consommation modérée d'alcool peut prévenir la maladie d'Alzheimer

actualités 22 | 07 | 2009

Une nouvelle étude confirme que la consommation modérée d’alcool peut prévenir la maladie d’Alzheimer

Lors de la conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer (ICAD), qui s’est tenue à Vienne (Autriche) le 13 juillet dernier, le Pr. Kaycee Sink, gériatre à la Wake Forest University School of Medicine, a fait part de ses derniers travaux, qui suggèrent que la consommation modérée d’alcool permet de réduire le risque de démence vasculaire chez les personnes âgées, alors qu’une consommation excessive peut causer des lésions cérébrales entraînant une démence.

Cette étude est la plus importante et la plus longue jamais réalisée sur un panel de seniors aux Etats-Unis. Agés de 75 ans et plus, les 3.000 participants ont été classés suivant leurs habitudes de consommation d’alcool : les abstinents, les buveurs légers (jusqu’à 7 verres par semaine), les buveurs modérés (8 à 14 verres par semaine) et les gros buveurs (plus de 14 verres par semaine).
 Durant six ans, ils ont été examinés tous les six mois afin d’évaluer les éventuels changements dans leurs capacités de réflexion et leur niveau de mémoire. Les résultats montrent clairement que les sujets qui n’avaient pas de troubles cognitifs au début de l’expérience et qui consomment entre 8 et 14 verres de boissons alcoolisées par semaine (soit entre un à deux par jour), présentent une moyenne de 37% de réduction des risques de développer une maladie neurodégénérative par rapport aux personnes qui ne boivent pas d’alcool du tout. Et ceci indépendamment du type de boisson alcoolisée (vin, bière, liqueur, etc.) ! En revanche, ceux qui ont été classés dans la catégorie des gros buveurs semblent être presque deux fois plus susceptibles de développer une pathologie neurologique par rapport aux non-buveurs. « Nous avons été très excités de constater que même chez des seniors, la consommation modérée d’alcool entraînait une diminution du risque de démence », a indiqué le Pr Sink, qui note toutefois que pour les adultes plus âgés qui ont commencé l’étude avec une légère déficience cognitive, toute consommation d’alcool est associée à une accélération du déclin cognitif.

 

Ce n’est pas la première fois que les liens potentiels entre consommation d’alcool et déclaration de maladies de type démence chez les personnes âgées ont été étudiés. Les travaux du Pr Michael Collins, du département de médecine de l’université de Loyola à Chicago, ont déjà révélé que la consommation journalière d’un verre d’alcool pour les femmes et de deux pour les hommes permet de réduire les risques de déclaration de maladie d’Alzheimer.
 En France, dès 1987, un programme de recherche épidémiologique baptisé PAQUID (pour Personnes Agées Quid) a été lancé afin d’étudier le vieillissement cérébral normal et pathologique. Les 3.777 sujets originaires de Gironde et de Dordogne ont également été divisés en quatre catégories selon leur consommation d’alcool : non buveur, buveur léger (1 à 2 verres de vin par jour), buveur modéré (­3 à 4 verres de vin par jour) et gros buveur (plus de 4 verres par jour). Dix ans plus tard, le Pr Jean-Marc Orgogozo, chef du service neurologique de l’hôpital Pellegrin, a pu montrer que le risque de développer une démence était réduit d’un facteur 5 chez les buveurs modérés. Dans le cas de la maladie d’Alzheimer, les buveurs légers avaient une réduction du risque d’un facteur d’environ 2 et les buveurs modérés d’un facteur de 3,5. Ces résultats sont conformes à ceux de l’équipe hollandaise de Ruitenberg et al. (1990), de l’équipe danoise de Truelsen et al. (2002) et de l’équipe de Mukama et al. (2003). « Toutes ces études convergent vers un même constat, à savoir que la consommation modérée d’alcool est associée à une réduction du risque de développer une démence ou une maladie d’Alzheimer », souligne le Dr Jean-Louis Thillier. Comment explique-t-on ce phénomène ? « Dans le modèle de souris, la preuve a été apportée que la consommation modérée de vin rouge réduit la quantité de plaques séniles composées de peptides amyloïdes-β, ainsi que le nombre des enchevêtrements neurofibrillaires composés de protéines tau hyperphosphorylées », poursuit l’expert européen.

Bref, les bénéfices d’une consommation modérée d’alcool sur la santé ne font aucun doute. En tout cas à partir de 40 ans chez les hommes et de 50 ans chez les femmes, les conséquences positives sont évidentes

Sources :

- Regular moderate alcohol intake has cognitive benefits in older adults, 13 juillet 2009.
- Consommation d’alcool et risque de démence, par Luc Letenneur, Fondation Nationale de Gérontologie | Gérontologie et société, 2003/ - n° 105 ISSN 0151-0193.

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