actualités 10 | 04 | 2007

Vous pouvez dormir tranquille, monsieur Coudoin !

Après avoir combattu le Régent et le Gaucho avec enthousiasme et conviction, Maurice Coudoin s’est découvert une nouvelle passion : la lutte contre les OGM.

L’année dernière, il s’était déjà fait remarquer en réalisant une étude hautement scientifique visant à prouver que lorsque des abeilles se trouvent à proximité d’un champ de maïs, elles vont y butiner et ramènent du pollen à la ruche. Il avait aussi mis en évidence que les abeilles ne font pas de différence entre du maïs conventionnel et du maïs Bt (maïs dans lequel on a introduit un gène de la bactérie Bacillus thuringiensis). Une vraie découverte ! Monsieur Coudoin a surtout démontré que la santé de ses abeilles n’était pas affectée par cette contamination OGM. En effet, il ne mentionnait aucun problème de mortalité ou de maladies, ni d’ailleurs de mauvaise récolte.

Un an plus tard, le même monsieur Coudoin estime pourtant qu’un agriculteur, Claude Menara, qui a décidé de cultiver du maïs Bt, « détruit son outil de travail ». Et comme on ne rigole pas avec les abeilles de monsieur Coudoin, il a assigné en référé l’agriculteur maudit devant le tribunal de grande instance de Marmande. En effet, aujourd’hui, monsieur Coudoin redoute « ce maïs insecticide qui détruit ses parasites, la pyrale et la sésamie, en attaquant leur système digestif ». Il se demande même ce qu’il en sera « du système digestif de l’abeille ». La réponse est pourtant simple : mais rien, mon bon monsieur Coudoin !

C’est ce qu’ont déjà démontré plusieurs projets de recherche, parmi lesquels celui de la Station fédérale helvétique de recherches agronomiques Agroscope. L’équipe de Dirk Babendreier a ainsi clairement démontré que même en nourrissant des ouvrières avec du pollen de maïs transgénique ou avec des protéines Bt purifiées en concentration élevée, il n’y avait aucun effet négatif, ni sur la survie des abeilles, ni sur le développement des glandes nourricières.

Ces résultats corroborent ceux réalisés pour l’Etat de la
Bavière, présentés au cours de l’été 2005 par le ministre d’Etat Josef Miller. Plusieurs colonies d’abeilles avaient été placées à proximité de champs de maïs Bt. Elles mettaient en évidence des traces minimales de pollen de maïs dans près de la moitié des échantillons de miel. Tout comme leurs collègues helvétiques, les chercheurs allemands n’ont pas davantage observé d’effet négatif du pollen transgénique sur les abeilles et leur couvain. « Selon l’état actuel de la recherche, les abeilles ne sont pas affectées par le pollen des variétés de maïs OGM autorisées », a conclu Josef Miller dans son allocution du 28 juin 2006.

Ceci n’a rien de très surprenant, puisque des formulations à base de la bactérie Bacillus thuringiensis, disponibles dans le catalogue Ickowicz et recommandées par le Syndicat national d’apiculture (SNA), sont largement utilisées par certains apiculteurs professionnels bio en traitement contre la fausse teigne ! Et ces derniers ne s’en sont d’ailleurs jamais plaints.

Vous pouvez donc dormir tranquille, monsieur Coudoin !

Sources :
« Begleitforschung Bayern 2005 - Bt-Mais : Kein Problem für Bienen und Honig », www.transgen.de, 29. 6. 2006 ;
« Bericht zum Erprobungsanbau Bayern 2005 » ; Rede des bayerischen Staatsministers Josef Miller, 28.6.06 ;

Dirk Babendreier et al. (2006) « Neue Erkenntnisse zu möglichen Auswirkungen von transgenem Bt-Mais auf Bienen », Agroscope Liebefeld-Posieux (ALP) ; « Bt-Mais für Bienen verträglich », www.biosicherheit.de, 24.11.2006.

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