Dépeuplements d'abeilles : la piste se précise

apiculture 03 | 07 | 2007

Dépeuplements d’abeilles : la piste se précise

Depuis l’automne dernier, les apiculteurs américains observent à leur tour d’étranges effondrements de leurs colonies d’abeilles. Présenté comme une menace pour la pollinisation, ce phénomène est pris très au sérieux. Il a suscité la création d’un groupe de travail qui réunit plus de soixante chercheurs. Après l’évocation d’hypothèses farfelues - comme la responsabilité des OGM ou celle des ondes électromagnétiques -, toutes les pistes sérieuses sont actuellement passées au crible.

85% de pertes sur 2 000 ruches : c’est le triste constat qu’a effectué David Hackenberg au mois d’octobre 2006. Désespéré, cet apiculteur professionnel de Pennsylvanie se tourne alors vers Dennis van Engelsdorp, un expert apicole, et vers le Pr Diana Cox-Foster, une chercheuse de l’Université de l’Etat de Pennsylvanie. Immédiatement, le Pr Cox-Foster procède à une enquête. Elle découvre que depuis quelques mois, de nombreux autres apiculteurs professionnels, établis dans plusieurs Etats américains, subissent eux aussi des pertes inhabituelles. Ce phénomène a d’abord été observé en Californie, en Floride, dans l’Oklahoma et au Texas, chez les apiculteurs itinérants qui assurent la pollinisation des grandes cultures maraîchères. Prise très au sérieux, cette alerte conduit dès décembre 2006 les autorités américaines à constituer un groupe de travail réunissant des scientifiques, des experts des Départements de l’Agriculture des Etats de Floride et de Pennsylvannie, ainsi que le Dr Jeff Pettis, entomologiste et président du Laboratoire de recherche sur l’abeille du Département fédéral de l’Agriculture. L’objectif de ce réseau de plus de 60 chercheurs est de déterminer les causes de cet étrange phénomène, qui se caractérise par une disparition de colonies en apparence saines : les ouvrières chargées de collecter le nectar et le pollen ne reviennent pas à la ruche où elles laissent la reine, les autres ouvrières et d’abondantes réserves de nourriture. L’analyse des ouvrières restées à la ruche révèle la présence simultanée de plusieurs infections, évoquant une défaillance du système immunitaire. Afin de ne pas anticiper sur la ou les causes de ce mystérieux phénomène, les scientifiques le baptisent CCD (pour Colony Collapse Disorder, c’est-à-dire « syndrome d’effondrement des colonies »).

C’est en février 2007 que l’affaire prend une tournure médiatique, lorsque de nombreux apiculteurs professionnels non itinérants, localisés dans quelques Etats de la côte atlantique et du nord de la côte pacifique, font à leur tour état de pertes de leurs colonies allant de 30 à 90 %. Qualifié de catastrophique par de nombreux articles de presse, ce syndrome est présenté comme une sérieuse menace pour la pollinisation de plusieurs cultures maraîchères. « Cette crise menace d’anéantir toute la production des récoltes qui dépendent de la pollinisation par les abeilles », déclare à la presse le secrétaire d’Etat à l’Agriculture Mike Johanns. Plus de 95 variétés de fruits et légumes - dont les pommiers, les amandiers, les avocatiers, les cerises et les oignons - dépendent en effet de cette pollinisation artificielle (qui selon un rapport de l’ Université de Cornell de mars 2000, apporte une plus-value estimée à quelque 14,6 milliards de dollars). Dès l’automne 2006, le comité du Conseil national de la Recherche américain avait déjà mis en garde contre une « crise de pollinisation » imminente si le nombre d’abeilles continuait à décroître. Aux Etats-Unis, la moitié des abeilles ont en effet progressivement disparu depuis 1971. Raison pour laquelle Kevin Hackett, qui dirige le programme de pollinisation national américain, a interpellé à plusieurs reprises le bureau du vice-président Dick Cheney. Devant l’ampleur des pertes constatées, une commission d’enquête du Congrès américain est donc mise en place, et un rapport intitulé Recent Honey Bee Colony Declines (rédigé par Renée Johnson, une analyste en ressources économiques agricoles) est publié le 26 mars 2007. Trois jours plus tard, le Pr Cox-Foster est auditionnée par la commission. A cette date, plus de 29 Etats sont déjà touchés par le CCD.

Fausse alerte en Allemagne

C’est à ce moment que paraissent dans la presse allemande plusieurs articles faisant également état d’importantes pertes d’essaims. Manfred Hederer, le président de l’Association allemande des apiculteurs professionnels (DBIB), fait savoir qu’en Allemagne aussi, « les ruches sont vides ». « La lutte de la mort de l’abeille domestique et de l’apiculture en Allemagne a commencé », poursuit-il, accusant pêle-mêle les pesticides et l’utilisation des OGM. En France, Henri Clément, le président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf), tient à l’inverse un discours rassurant. Chez nous, explique-t-il, tout va bien, contrairement au reste du monde. Preuve que ce sont bien le Gaucho et le Régent - deux insecticides pointés du doigt par les syndicats apicoles français depuis de nombreuses années - qui sont responsables de ce « désordre ». Le président de l’Unaf se garde cependant bien de faire état des conclusions de la rencontre d’éminents scientifiques d’instituts apicoles du monde entier, qui s’est déroulée fin mars à Veitshöchheim (Allemagne) à l’initiative de Stefan Berg, chercheur apicole de l’Institut de l’Etat de Bavière pour la viticulture et l’horticulture (LWG). Et pour cause ! Ces conclusions ne correspondent en rien à ce qu’il explique aux médias français. Selon les spécialistes réunis à Veitshöchheim, en Allemagne aussi en effet , « les abeilles se portent bien en ce moment », alors qu’aucune interdiction n’y frappe le Gaucho, et que le Poncho (un insecticide cousin également fabriqué par Bayer CropScience) y est utilisé. Pour Stefan Berg, aucune menace de mortalité comparable à celle observée aux Etats-Unis ne plane cette année sur l’Allemagne. Ce que mettent en évidence les résultats définitifs du Programme de contrôle des abeilles allemandes, rendus publics à Veitshöchheim. Dans le cadre de ce programme, des observations ont été effectuées dans l’ensemble du pays sur plus de 7 000 colonies d’abeilles. Après l’hiver 2006-2007, les pertes moyennes se situaient juste en dessous de 8 %. Un très bon résultat qui tranche avec ceux des années précédentes, et qui s’explique par la clémence inaccoutumée de l’hiver dernier en Allemagne - et en Europe en général -, ainsi que le souligne Stefan Berg. De plus, le mois d’avril inhabituellement chaud a déjà permis des production records de miel, assurées par des colonies d’abeilles vigoureuses. « Comme les pertes hivernales des années précédentes étaient très élevées, de nombreux apiculteurs avaient même prévu des colonies de remplacement au cas où. Or, ils vont probablement ne pas pouvoir utiliser leurs colonies en surplus », poursuit le chercheur allemand, qui va jusqu’à douter de l’importance réelle des pertes américaines.

Récoltes abondantes en Californie

Cet avis est partagé par le Dr Peter Neumann, de la station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux, un centre de recherche apicole suisse. « Ce sujet a été surdramatisé. De sérieuses pertes subies par des apiculteurs ont été vues et amplifiées d’une manière sélective », affirme le chercheur. De fait, la crise de la pollinisation tant redoutée, qui aurait dû affecter principalement les immenses vergers de Californie, ne s’est pas produite. Les agriculteurs californiens s’attendraient même à des récoltes beaucoup plus abondantes que celles de l’année précédente, comme on peut le lire dans le Los Angeles Times ou le magazine Science. En revanche, le coût de la pollinisation pour les producteurs de fruits et légumes a plus que doublé, passant de 50 à 125 dollars US, voire plus, par colonie vendue ! Une aubaine pour les apiculteurs professionnels américains, qui préfèrent de loin transporter leurs colonies sur plusieurs milliers de kilomètres pour vendre une « pollinisation industrialisée », plutôt que de produire du miel. Depuis février, plus d’un million de colonies ont ainsi été transportées vers la Californie pour assurer la pollinisation des arbres fruitiers, et notamment des amandiers. Le marché américain étant essentiellement fourni par du miel bon marché en provenance de Chine, les apiculteurs itinérants s’intéressent peu au miel. « Aux Etats-Unis, le miel est souvent à peine acceptable pour la vente », rappelle Peter Gallmann, de la station de recherche Agroscope Liebefeld-Posieux. Il est vrai que les abeilles américaines reçoivent d’innombrables traitements préventifs à base d’antibiotiques, que l’on retrouve inévitablement dans le miel. Interrogé par Yves Miserey, journaliste au Figaro, Bernard Vaissière, du Laboratoire de pollinisation entomophile de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) d’Avignon, confirme que « les apiculteurs américains ont systématiquement
recours aux antibiotiques, comme la terramycine pour lutter contre la loque américaine [1] »
. A ses yeux, les populations d’abeilles sont soumises par les apiculteurs nord-américains eux-mêmes à de très rudes épreuves. Ces derniers ne leur fournissent de fait pas toujours une nourriture très équilibrée, se bornant le plus souvent à leur donner du sirop riche en fructose, essentiellement pour fortifier les essaims juste avant la floraison des amandiers. Pire, de nombreux apiculteurs ne conservent pas leurs abeilles, préférant s’en débarrasser après une unique utilisation. De plus, le transport sur de longues distances génère un stress indéniable pour ces insectes.

Tous ces facteurs combinés seraient-ils à l’origine du CCD ? Ce n’est pas l’avis des apiculteurs américains, qui arguent que ces pratiques, qui ont cours depuis de nombreuses années, ne peuvent pour cette raison même expliquer un phénomène inhabituel et nouveau. Un point de vue confirmé par les scientifiques. « Aux Etats-Unis, j’ai vu des colonies en train de mourir avec plein de jeunes essaims, mais avec seulement quelques abeilles et la reine. C’est en effet un phénomène inhabituel », souligne le Dr Peter Neumann. Or, un taux de perte estimé à 25 % représente déjà une cause légitime d’inquiétude. D’autant plus que des augmentations régulières de pertes de colonies sont constatées à travers le monde depuis plusieurs années. En Allemagne, ces pertes ont atteint un niveau inquiétant de 30 % durant l’hiver 2002-2003. Ce qui explique la mise en place du Programme de contrôle apicole allemand. En France, l’hiver 2005-2006, particulièrement long, a lui aussi été à l’origine de pertes importantes, quoique très inégales selon les régions.

Un nouvel agent pathogène ?

Pour le chercheur suisse, il existe sûrement une explication identique à ce phénomène observé partout dans le monde. « Les principaux suspects sont le Varroa, plus X [quelque chose d’autre]. Il est fort probable que le X sera un autre pathogène, tel qu’une bactérie ou un virus », estime Peter Neumann. Un document consacré à la piste des agents pathogènes rédigé par le groupe de travail du Pr Cox-Foster, daté du 12 mai 2007, semble corroborer cette analyse. Les chercheurs américains estiment en effet qu’« il est possible que de multiples facteurs interagissent pour provoquer les pertes de colonies ». Comme Peter Neumann, Diana Cox-Foster pense que le varroa, « qui continue à représenter une menace », ne peut cependant pas à lui tout seul expliquer les disparitions soudaines d’abeilles adultes. Le fait que l’acarien Varroa destructor participe à l’affaiblissement des ruches aux Etats-Unis reste néanmoins probable. D’autant plus que l’on y observe depuis l’automne 2001 des résistances au coumaphos, le principal acaricide utilisé contre le varroa. « L’apparition de résistance par l’acarien au coumaphos seulement après trois ans d’usage est particulièrement inquiétante au regard des alternatives limitées », avertit pour sa part le Dr Pettis dans une note rédigée en 2003.

Une expérience effectuée ce printemps sur les ruches de David Hackenberg confirme la piste d’un nouveau pathogène. Cette expérience, qui consistait à irradier certains ruchers vides avant de les repeupler avec des colonies en bonne santé, a été réalisée par la Food Technology Service, une société spécialisée dans l’irradiation d’équipements médicaux et de fruits, basée en Floride. Après irradiation des ruchers, les colonies saines introduites se sont mieux développées que les colonies installées dans les ruchers vides non irradiés. « Cela semble indiquer qu’il y avait un pathogène dans les ruches, car il est difficile d’expliquer que l’irradiation aurait éliminé un produit chimique », commente le Pr Cox-Foster dans le New York Times du 24 avril 2007.

L’hypothèse d’un agent pathogène ressort également d’une lecture attentive de l’audition de la chercheuse devant la commission d’enquête du Congrès américain. Dans ce texte, le Pr Cox-Foster affirme en effet « avoir identifié plusieurs routes d’entrée aux Etats-Unis, qui auraient permis l’introduction par négligence de nouveaux pathogènes ». Lors de son audition, elle a écarté a priori la responsabilité des pesticides : « A l’heure actuelle, nos examens n’ont pas identifié de produits chimiques ou pesticides dans les ruches d’apiculteurs ayant été confrontés au syndrome du CCD ».

En outre, dans un document rédigé par Dennis van Engelsdorp à l’attention des apiculteurs, ces derniers se voient fortement conseiller de « ne pas déposer de colonies malades ou mortes sur des colonies saines ». Ce qui indique clairement que l’expert apicole envisage l’hypothèse d’un problème de maladies. Dennis van Engelsdorp donne d’ailleurs une information indirecte quant à la nature de ce mystérieux pathogène en recommandant l’utilisation de fumagillin, un antibiotique exclusivement utilisé contre les infections nosémales de l’abeille. « Nous sommes assez sûrs, mais pas certains, qu’il s’agit d’une maladie contagieuse. Tout semble indiquer qu’il y a bien un pathogène, mais nous n’avons pas encore été capables de l’identifier », a-t-il déclaré au Pittsburgh Tribune le 2 février 2007.

La piste de la nosémose ceranae

Il a fallu attendre le 25 avril 2007, avec la publication des résultats du Pr Joe DeRisi, du laboratoire de l’Institut médical Howard Hughes, en Californie, pour mettre un nom sur ce suspect numéro 1. Contacté par le virologue Evan Skowronski, de l’U.S. Army’s Edgewood Chemical Biological Center (ECBC) du Maryland [2], le Pr DeRisi a en effet confirmé l’existence de spores d’un protozoaire, le Nosema ceranae. Grâce à une nouvelle technologie destinée à l’utilisation militaire de filtres à pathogènes (l’Integrade Virus Detection System), l’ECBC avait effectivement détecté des spores de Nosema ceranae sur des échantillons d’abeilles provenant de ruches atteintes du CCD, mais il voulait obtenir une confirmation de ses travaux par le laboratoire spécialisé du Pr DeRisi.

Cette découverte ne surprend pas Daniel Limon, apiculteur professionnel de Moselle et vice-président du Syndicat des producteurs de miel de France (SPMF) : « Dans les régions de l’est de la France, nous avons une longue expérience de la nosémose. Or, tous les symptômes que décrivent nos collègues américains - comme des intestins décomposés chez les abeilles vivantes - m’ont aussitôt fait penser à des phénomènes que nous observons également chez nous. Dans les cas typiques de la maladie, une diminution énigmatique des abeilles s’installe, sans qu’il y ait de cadavres ou d’abeilles incapables de voler. Les taches de dysenterie n’apparaissent pas forcément. Il s’ensuit une grande disproportion entre abeilles et couvain. Ce manque d’abeilles conduit au refroidissement du nid à couvain et devient la porte d’entrée pour d’autres maladies bactériennes. Ce n’est pas pour rien que la nosémose porte aussi le nom de “tueur silencieux” ! »

Pour le groupe de travail sur le CCD, la prudence sur la responsabilité de ce protozoaire reste néanmoins toujours de mise. Le Nosema ceranae ne peut pas être l’unique responsable, estime-t-il, car il est également présent sur des colonies saines. « Le parasite Nosema ceranae pourrait bien être un facteur clé, même s’il n’est probablement pas le seul coupable », a réagi le Pr Cox-Foster à l’annonce du Pr DeRisi. Un avis que ne partage pas entièrement Mariano Higes, chercheur au Centre apicole régional de Castille-La Manche, dont les récents travaux sur Nosema ceranae ont fait le tour du monde scientifique. En mars dernier, Mariano Higes a été nommé président du groupe Nosema d’un projet réunissant 17 pays européens afin d’éclaircir les problèmes de mortalités d’abeilles. Cette nomination fait suite à sa découverte, le 25 juin 2005, de la présence de Nosema ceranae, hôte habituel de l’abeille asiatique (Apis ceranae), sur l’abeille européenne (Apis mellifera). Après celle-ci, son équipe a effectué des expériences en laboratoire, qui ont démontré la forte pathogénicité de Nosema ceranae. A partir d’une certaine température - nécessaire à la germination des spores -, ce protozoaire est capable de tuer « toutes les abeilles au bout de huit jours ». Afin de confirmer ses observations, Mariano Higes travaille depuis un an sur un autre projet (financé par le gouvernement espagnol), qui consiste à comparer en conditions naturelles les effets létaux de deux types de nosémoses, la nosémose ceranae et la nosémose apis. Ces résultats, qui devront faire l’objet d’une prochaine publication, seront fondamentaux pour déterminer si la pathogénicité de Nosema ceranae est suffisante pour expliquer les phénomènes de dépeuplement observés aux Etats-Unis - et en France depuis 1995. « Pour moi, cette pathogénicité ne fait pas l’ombre d’un doute ! », s’exclame Daniel Limon, qui rappelle : « La nosémose Zander est déjà capable de provoquer desdépopulations spectaculaires ; seulement, l’infestation disparaît en été. En revanche, la nosémose ceranae peut être à l’origine d’une nosémose chronique qui dure toute la saison apicole. »

Le mode d’action du protozoaire devra également être élucidé. Il faudra notamment déterminer si Nosema ceranae attaque en sécrétant, ou non, une toxine capable d’inhiber les molécules de défense de l’organisme, et donc d’affaiblir le système immunitaire de l’abeille. Cette question est d’autant plus pertinente qu’une équipe dirigée par Fabienne Vigneux et Michel Brehélin, de l’Unité écologie microbienne des insectes et interactions hôte-pathogène de l’Inra, vient d’éclaicir le fonctionnement d’une bactérie pathogène, la Xenorhabdus nematophila, qui sécrète une toxine jusqu’à présent inconnue. Cette toxine - qui est dite binaire, car son activité dépend de deux protéines exprimées par deux gènes intervenant ensemble et dans un ordre précis - s’attaque au système immunitaire des insectes en détruisant par apoptose (mort cellulaire programmée) des macrophages, éléments clés du système immunitaire. Chez l’insecte comme chez le mammifère, les macro-phages constituent la première ligne de défense de l’organisme. En provoquant leur destruction, la bactérie peut déjouer la réponse du système immunitaire et se développer dans le corps de l’insecte sans causer d’inflammation, entraînant ainsi l’immunodépression de son hôte.

S’il est vérifié que Nosema ceranae sécrète bien une toxine et que celle-ci agit de façon similaire à la toxine sécrétée par Xenorhabdus nematophila, cela expliquerait pourquoi les abeilles collectées dans les ruches touchées par le CCD présentent des signes de grave déficience du système immunitaire.

[1la loque américaine est une maladie causée par un bacille infectant les larves

[2l’U.S. Army’s Edgwood Chemical Biological Center est les principal centre de recherche et de développement des technologies pour la défense biologique et chimique de l’armée américaine

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