Une femme à la tête de la FNSEA

édito 25 | 04 | 2017

Une femme à la tête de la FNSEA

La révolution agricole est en marche ! Pour la première fois depuis sa création, il y a soixante et onze ans, la FNSEA est présidée par une femme. Depuis le 13 avril dernier, Christiane Lambert, éleveuse de porcs dans une exploitation du Maine-et-Loire gérée avec son mari Thierry, succède en effet à Xavier Beulin, décédé brutalement le 19 février 2017, alors qu’il se préparait à briguer un troisième mandat.

Âgée de 55 ans, Christiane Lambert détient toute la légitimité pour présider la « grande maison », elle qui a grimpé un à un tous les échelons du syndicalisme agricole avec force et détermination. Son histoire syndicale commence en 1981 chez les Jeunes Agriculteurs, qu’elle rejoint à l’âge de vingt ans. Son BTS en poche, elle vient tout juste de s’installer en tant qu’agricultrice. En 1994, elle postule pour présider le Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA), et en 1999, « le jour de la naissance de [sa lle] Pauline », elle entre au conseil de la FDSEA du Maine-et-Loire. En 2005, après avoir présidé le Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement (Farre) pendant cinq ans, elle accède au bureau national de la FNSEA, dont elle devient la vice-présidente cinq ans plus tard. Un parcours sans faute, qui l’a désignée comme le successeur naturel de son ami Xavier.

Son projet – économique et social – s’inscrit forcément dans la continuité de son prédécesseur.« Nous l’avions travaillé ensemble », rappelle Christiane Lambert, qui souhaite poursuivre sur « la route de l’efficacité économique. C’est-à-dire monter en gamme toute la production française. Promouvoir les labels, les signes officiels de qualité, le bio, l’agriculture raisonnée, les produits faisant l’objet de beaucoup de recherches en innovation, en conditionnement... ». « Le monde évolue très vite et la nouvelle génération d’agriculteurs qui s’installent l’a parfaitement intégré. Nous devons anticiper cette évolution, l’accompagner, répondre aux demandes des circuits courts tout en préservant notre volonté d’exporter nos produits agricoles et regagner des parts de marché », a-t-elle déclaré à A&E. Ce qui passe nécessairement par une modernisation des exploitations et une structuration des filières.

Avec son équipe (son « G7 »), qu’elle souhaite diriger en coach plus qu’en patron solitaire, elle a identifié des leviers importants de remise en compétitivité de l’agriculture française, « notamment l’amélioration de la fiscalité des exploitations afin de faire face à cette volatilité des prix qui touche désormais le lait, la viande comme les céréales ». Résolument moderne, et donc très active sur les réseaux sociaux, Christiane Lambert veut sortir de cet « agriculture bashing dans lequel nous sommes enfermés en France ». Très à l’aise dans les médias, la nouvelle patronne est une excellente communicante. Mais elle sait qu’elle ne fera pas le boulot toute seule. « Les agriculteurs doivent reprendre la main de la communication, ouvrir leurs fermes et montrer ce qu’ils font. C’est aussi possible sur les réseaux sociaux », assure celle qui n’hésite pas à entretenir un dialogue avec ses amis sur Twitter. Son compte indique qu’elle a déjà largement dépassé les 10000 tweets... Et ce n’est qu’un début !

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