édito 13 | 03 | 2005

Kyoto : les fausses priorités

Mercredi 16 février : le Protocole de Kyoto entre en vigueur. Signé en 1997, ratifié par 141 Etats, cet accord a pour objectif affiché de lutter contre l’effet de serre additionnel, considéré comme l’une des principales causes du prétendu réchauffement climatique. La veille, Jacques Chirac avait déclaré qu’il souhaitait engager la France bien au-delà des objectifs fixés par Kyoto : « Nous devons aller beaucoup plus loin et diviser par quatre, d’ici à 2050, les émissions de gaz à effet de serre de l’ensemble des pays développés.  » Faut-il voir dans ces propos l’expression d’une forte conviction écologique ou bien une réponse directe aux derniers sondages CSA/Canal plus, qui indiquent que pour plus de 53% des Français, le réchauffement de la planète arrive aujourd’hui au premier rang des craintes, loin devant le terrorisme ? En tout état de cause, la société industrielle et son Homo industrialis - terme utilisé par les climatologues du Giec (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) - se retrouvent sur le banc des accusés, pour avoir « bousculé l’équilibre millénaire de l’atmosphère. » Sur son site internet, le WWF - l’un des principaux protagonistes du Protocole de Kyoto - affirme que «  depuis l’ère industrielle, l’humanité brûle de plus en plus de pétrole, de charbon et de gaz naturel, [qu’]elle étend ses pratiques agricoles intensives et multiplie ses procédés industriels. » Selon les membres du Giec le résultat serait une véritable « bombe à retardement liée à l’élévation inéluctable du niveau de la mer ». D’après Jean Jouzel, membre du Giec et directeur de recherche au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), la mer pourrait être « de 3 à 4 mètres plus élevée qu’actuellement  » d’ici au milieu du millénaire.Face à cette catastrophe générale, quel sera l’impact de Kyoto ? Dans l’édition du 16 février de Libération, le journaliste Denis Delbecq répond qu’il « sera négligeable sur un strict plan scientifique. Avec les Etats-Unis, le coup de chaud aurait été atténué de 0,06°C, pour une hausse évaluée, sur un siècle, entre 1,4°C et 5,8°C  ». Sans les Etats-Unis, qui seraient responsables d’environ 40% de l’effet de serre additionnel, « et compte tenu de la difficulté qu’auront les signataires à tenir leur engagement, l’effet sera bien moindre. »

Dès lors, on peut se poser les trois questions suivantes : bien moins que 0,06°C, combien de degrés cela fait-il ? Quelle est la marge d’erreur de « bien moins que 0,06°C » ? Et enfin, vu le coût exorbitant du Protocole de Kyoto, à combien de milliards de dollars revient chaque centième de degré en moins ? Comme le souligne Bjorn Lomborg, auteur du livre The Skeptical Environmentalist , dans une tribune publiée le 15 février dans le Figaro, « même si le monde entier (y compris les Etats-Unis) appliquait le Protocole à la lettre pendant tout le XXIe siècle, les effets seraient presque insignifiants : l’échéance serait simplement repoussée de six ans en 2100, au prix d’au moins 150 milliards de dollars par an (...) En comparaison, les Nations Unies estiment que la moitié de cette somme suffirait à fournir de l’eau potable, un système sanitaire, des soins de santé et une instruction de base à tous les habitants de la planète. Que vaudrait-il mieux faire ? »

Là se situe bien le véritable enjeu de Kyoto. En effet, pour les mouvements écologistes et malthusiens, principaux protagonistes du Protocole, il s’agit ni plus ni moins de stopper le développement agricole et industriel - c’est-à-dire précisément de ne pas « fournir de l’eau potable, un système sanitaire, des soins de santé et une instruction de base à tous les habitants de la planète. »

Tout le reste relève de la propagande !

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