édito 13 | 04 | 2005

Surtout, ne réfléchissez pas !

Le 10 février dernier, l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes) a lancé sa campagne d’information sur les produits phytosanitaires. Conçue comme une invitation au dialogue, l’opération a immédiatement fait bondir le lobby très organisé des associations anti-pesticides, d’ordinaire adeptes des audiences des tribunaux et des conférences de presse. Dans cette affaire, un certain François Veillerette, instituteur de profession et militant écologiste de longue date, s’est fait le porte-parole privilégié « des intérêts des consommateurs ». Il préside aux destinées du Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF), association qui totalise moins de... 200 adhérents et qui pourtant, de l’aveu même de son unique salariée, Nadine Lauverjat, bénéficie du soutien financier d’Edouard Goldsmith, toujours prêt à mettre la main à son portefeuille rempli des dollars de la belle époque des spéculations financières et des raids boursiers, dans les années 1950. Il est vrai que ce n’est pas avec la cotisation de quelques militants français qu’on peut se permettre un salarié... et bientôt un bureau !

Tout cela n’a certes rien de très surprenant.

En revanche, recevoir un coup de couteau dans le dos est une autre affaire ! Pour illustrer sa campagne, l’UIPP avait en effet choisi un melon et un petit pois, portant tous deux la légende « Pesticides, on peut se poser des questions... on peut aussi y répondre ». Les deux visuels mentionnaient également un numéro de téléphone et l’adresse du site internet correspondant. A priori, rien de très méchant. L’UIPP avait d’ailleurs pris la peine d’engager avec l’association interprofession-nelle des fruits et légumes frais (Interfel) une concertation pour bien expliquer sa démarche. Or, à sept jours du démarrage officiel de la campagne, Interfel, accompagné d’Unilet (l’Union nationale interprofessionnelle des légumes transformés), a assigné l’UIPP en référé au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, au motif que les deux visuels de campagne pourraient donner une mauvaise image des fruits et légumes. Pour Interfel, pas question de défendre les pesticides ! On les utilise, on se cache et on vit heureux ! Comble de l’absurde, Marie-Christine Courboulay, le juge de référé, a donné raison aux associations interprofessionnelles. Si Madame le juge admet que la campagne de l’UIPP ne présente aucun caractère alarmiste, elle condamne le fait que celle-ci introduise « une interrogation et une crainte  ». Le consommateur pourrait se poser des questions ! Et ça, le juge n’en veut pas. L’UIPP a donc dû changer son visuel, retirer ses melons et petits pois légendés pour les remplacer par un homme, batteur à oeufs en main, l’air résolu à en découdre dans sa cuisine. Heureusement que la fédération des cuisiniers du dimanche n’y a pas mis son grain de sel...

pesticides

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