édito 29 | 05 | 2007

Une france nouvelle et audacieuse ?

Qu’ils soient favorables ou opposés au nouveau président de la République, Nicolas Sarkozy, tous les analystes politiques s’accordent à penser que la France est entrée dans une nouvelle ère. Le vieux modèle giscardo-chiraco-mitterrandiste est mort, et une nouvelle génération d’hommes et de femmes s’apprête à prendre les rênes du pouvoir ; grand espoir pour certains, dangereuse menace pour d’autres.

C’est que le positionnement libéral de Nicolas Sarkozy rompt avec une certaine tradition de l’après-guerre, qui a toujours vu la droite et la gauche préférer confier à l’Etat plutôt qu’au marché le rôle de structurer l’économie - ce dont l’agriculture a d’ailleurs été bénéficiaire. Dans son ouvrage « Psychanalyse de l’antilibéralisme », Christian Stoffaës, un économiste proche d’Alain Madelin, souligne que durant cette période, le mot « libéral » était même « devenu le repoussoir obligé de tout discours politique ». La victoire de Nicolas Sarkozy met un terme à cette exception française, caricaturalement exprimée par l’Astérix de service José Bové, certes sympathique mais d’une époque révolue, comme en témoignent ses résultats électoraux.

Ensuite, bien que signataire du Pacte de Nicolas Hulot, Nicolas Sarkozy était l’un des seuls candidats à ne pas s’être prononcé en faveur d’un moratoire sur les OGM, sujet anxiogène par excellence. Refusant la pression des écologistes, il a fait savoir qu’il ne s’enfermerait pas dans « un principe d’immobilisme », caractéristique des gouvernements précédents, de gauche comme de droite. Cette position lui a valu d’être noté 8,5 sur 20 par le lobby des écologistes L’Alliance pour la planète, alors que son adversaire malheureuse du second tour a pu se targuer d’un 16 sur 20 grâce à des propositions irréalistes mais plus consensuelles.

Enfin, Nicolas Sarkozy, citadin de toujours et fils d’immigré hongrois, n’a aucun lien charnel avec la France profonde. « Tous les précédents présidents avaient de la boue aux semelles, parlaient aux arbres, aux âmes des morts et au cul des vaches », commente Nicolas Domenach dans l’hebdomadaire Marianne du 9 mai 2007. Nicolas Sarkozy, lui, préfère les trottoirs propres de Neuilly, la compagnie de Christian Clavier et Johnny Hallyday et les vacances huppées sur la Méditerranée. C’est probablement la raison pour laquelle son programme agricole n’a rien proposé de très original. N’est-ce pas là justement l’occasion d’apporter un nouvel élan à ce secteur, en promouvant une agriculture moderne, engagée dans le progrès et ouverte sur le monde ? C’est en tout cas ce que semble désirer la nouvelle ministre de l’Agriculture, Christine Lagarde, qui a appelé à la tenue de « véritables Etats généraux de l’agriculture ». «  L’agriculture française porte en elle des vecteurs de technologie et d’innovation qu’il faut complètement libérer », a-t-elle déclaré sur Europe 1, quelques jours après sa nomination. Des propos que l’on ne peut qu’applaudir.

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