Le programme pour l'agriculture de Benoit Hamon

#presidentielle2017 22 | 03 | 2017

Le programme pour l’agriculture de Benoit Hamon

Quelles seraient les 5 premières mesures que vous mettrez en œuvre pour relancer les filières en difficultés, notamment l’élevage ?

 
Premièrement, je négocierai à Bruxelles l’exclusion des filières agricoles françaises sensibles des négociations commerciales en cours, notamment dans le domaine de la viande à bas coût. Je soutiendrai à l’échelle européenne l’idée d’une refondation des négociations commerciales multilatérales et bilatérales, fondées sur le juste échange, la coopération et le progrès social et environnemental plutôt que la libre concurrence.

Deuxièmement je renforcerai la position des agriculteurs face à la grande distribution avec des contrats entre producteurs et acheteurs plus équilibrés et en luttant contre les pratiques commerciales déloyales. Il faut remédier à la situation actuelle qui donne lieu à une répartition de la valeur très déséquilibrée au profit des centrales d’achat et de l’industrie agro-alimentaire (aval de la filière) et au détriment des producteurs (amont de la filière).

Troisièmement, je lutterai contre la volatilité des prix et stabiliserai les revenus des agriculteurs en restaurant des mécanismes de régulation des marchés et en particulier des outils de maîtrise des volumes de production, permettant de contrer à l’échelle européenne les crises de surproductions.

Quatrièmement, je redéployerai les aides de la PAC vers ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les exploitations de petites et moyennes taille ou éloignées du modèle productiviste. Je proposerai des aides qui varient en fonction des prix et des revenus agricoles, des aides par actif et non par hectare, qui favorisent directement l’emploi maintenu sur le territoire.

Enfin, je proposerai un plan européen d’indépendance en protéines végétales, que nous importons aujourd’hui massivement.

La recherche agronomique a toujours été un vecteur de développement de l’agriculture. Mais aujourd’hui, elle semble en panne. Est-ce toujours une priorité et si oui, comment peut-on la promouvoir ?

Oui c’est une priorité : il faut favoriser des moyens publics pour une recherche réellement indépendante, à hauteur des ambitions françaises, ainsi qu’une diversité et une innovation dans les approches.
 

Le monde agricole se sent paralysé par l’excès de norme. Comptez-vous mettre en œuvre une simplification des normes et si oui comment ?

Les normes environnementales et sanitaires ne doivent pas se faire au détriment des plus petites exploitations et des plus fragiles, il faut leur donner les moyens de s’y adapter. Surtout, il faut stabiliser et rendre décents les revenus des agriculteurs : alors ils pourront investir dans l’avenir et la transition écologique et sociale de façon beaucoup plus sereine. Enfin, je donnerai davantage de moyens aux agricultures durables, aux circuits courts, économes et autonomes, ainsi qu’aux dispositifs et filières qui les accompagnent.
 

Quelle est votre position sur les biotechnologies en général (OGM) et plus particulièrement sur la sélection assistée par marqueurs, sur la mutagénèse, et sur les nouvelles méthodes d’édition et de corrections du génome (Crisp/Casp9, etc…) ?

Les consommateurs se sont très majoritairement prononcés contre la culture d’OGM. Ils sont également très réticents vis-à-vis de la consommation de produits contenant des OGM. Sur un plan scientifique persiste une réelle controverse quant aux effets environnementaux et sanitaires. Et sur le plan économique, les OGM laissent les agriculteurs davantage dépendants des multinationales d’agrofourniture (notamment Bayer, ex-Monsanto). Il est nécessaire de tenir bon sur les choix publics de la France et de l’Union européenne en matière de culture d’OGM (clause de sauvegarde), consommation et import (limitation stricte des variétés acceptées). Les nouvelles biotechnologies introduiraient également davantage de risques et de suspicion, aucun relâchement des règles à cet égard ne doit être entrepris.
 

Les incertitudes économiques n’ont jamais été aussi fortes avec une valse de prix agricoles extrêmes. Comment vous envisagez de stabiliser, et d’augmenter, le revenu des agriculteurs ?

Je ferai de la lutte contre la volatilité des prix et la stabilisation les revenus des agriculteurs ma priorité. Il s’agit de restaurer des mécanismes de régulation des marchés, mais aussi de mettre en place des outils de maîtrise des volumes de production. Les objectifs à long terme de la PAC doivent être revus car nous ne disposons plus aujourd’hui des moyens pour juguler de fortes chutes des prix. On l’a vu avec la libéralisation des marchés laitiers : ce sont les producteurs qui ont le plus souffert.

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