Le programme pour l'agriculture d'Emmanuel Macron / En marche !

#presidentielle2017 01 | 04 | 2017

Le programme pour l’agriculture d’Emmanuel Macron / En marche !

Quelles seraient les 5 premières mesures que votre candidat compte mettre en œuvre pour relancer les filières en difficultés, en notamment l’élevage ?

Le programme agricole que nous portons a été construit avec des agriculteurs, avec des gens de terrain et nous avons un objectif clair : permettre aux agriculteurs de vivre par le juste prix payé.

Le prix des produits agricoles n’a pas augmenté depuis 30 ans et il est inacceptable que les agriculteurs qui travaillent sans relâche ne parviennent pas à vivre de leur métier.

Les principales mesures de notre projet agricole sont les suivantes :
 
- Une meilleure répartition de la valeur : Un Grenelle de l’alimentation avec les représentants des agriculteurs, des filières, des industries de transformation, de la distribution, des associations environnementales et des consommateurs sera organisé pour définir un nouveau pacte alimentaire et pour définir un partage équilibré de la valeur.

- Une Europe qui protège avec une PAC ambitieuse et rénovée : nous souhaitons que le budget de la PAC soit préservé. Nous voulons des régulations adaptées à chaque filière pour lutter contre la volatilité des prix. Nous travaillerons à la nécessaire convergence sociale et fiscale au niveau européen.

- Un plan d’investissement sans précédent : un plan de transformation agricole de 5 milliards d’euros sur 5 ans sera mis en œuvre pour accompagner la modernisation des exploitations agricoles avec des investissements plus respectueux de l’environnement. C’est un plan ambitieux, nous multiplions par 4 le montant qui était alloué jusqu’à présent, qui témoigne de la volonté d’accompagner les entreprises agricoles et du rôle stratégique accordé à l’agriculture pendant le quinquennat.

- Nous voulons cesser d’opposer agriculture et environnement. Nous ajouterons aux mesures agroenvironnementales et Climatiques (MAEC) existantes, un PSE « paiement pour service environnementaux » de 200 millions d’euros sur 5 ans pour permettre de rémunérer les services rendus par les agriculteurs. Nous doublons presque l’enveloppe qui était disponible jusqu’à présent.

- Nous libérerons le travail : les agriculteurs sont avant tout des chefs d’entreprises. Les mesures annoncées : la diminution du coût du travail par la transformation du CICE en allègement de charges, le droit à l’erreur avec une administration qui conseille plus qu’elle ne sanctionne, le soutien à la formation professionnelle, l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs avec un prêt d’honneur à la personne sans garantie de 50 000 euros avec un différé de 2 ans s’appliqueront à l’agriculture.

Les incertitudes économiques n’ont jamais été aussi fortes avec une valse de prix agricoles extrêmes. Comment votre candidat envisage-t-il de stabiliser, et d’augmenter, le revenu des agriculteurs ?

La question du prix des produits agricoles et du revenu des agriculteurs est essentielle. C’est d’ailleurs un des principes fondateurs de la PAC : « garantir un revenu équitable aux agriculteurs ». Nous devons reconnaître que l’Union européenne n’est pas parvenue à faire face à la volatilité des prix et à l’instabilité des marchés agricoles. Nous sommes en faveur de régulations adaptées à chaque filière pour lutter contre la volatilité des prix. Nous travaillerons à la nécessaire convergence sociale et fiscale au niveau européen. Les agriculteurs ne souhaitent d’ailleurs pas une sortie de l’Europe. Ce qu’ils veulent c’est une Europe qui protège par des outils de régulation adaptées. Ce qu’ils veulent, c’est une convergence sociale et fiscale pour leur permettre d’avoir les mêmes règles du jeu que les autres pays producteurs. Ces sujets feront partie des priorités du prochain Conseil européen des Ministres de l’agriculture.

La France, première puissance agricole de l’Union européenne, doit impulser cette vision au niveau européen. Notre agriculture est un secteur hautement stratégique pour notre pays et nous avons le devoir et la légitimité de bâtir une PAC ambitieuse et rénovée.

Le monde agricole se sent paralyser par l’excès de norme. Votre candidat compte-t-il mettre en œuvre une simplification des normes et si oui comment ?

Nous venons de l’évoquer, les agriculteurs veulent les mêmes règles du jeu que les autres états membres de l’Europe pour être compétitifs. Il conviendra d’analyser et de réviser toutes les normes inutiles en simplifiant ce qui doit l’être.

Nous arriverons à mettre en œuvre nos propositions parce que nous sommes les seuls à réunir des progressistes, c’est-à-dire des hommes et des femmes de bonne volonté qui partagent une même vision et qui s’engagent sur un programme clair.

La recherche agronomique a toujours été un vecteur de développement de l’agriculture. Mais aujourd’hui, elle semble en panne. Est-ce toujours une priorité et si oui, comment peut-on la promouvoir ?

La recherche publique française en matière agronomique est de très haut niveau et reconnue au plan international, qu’il s’agisse de l’INRA qui doit poursuivre la recherche agricole, de l’IRD ou des autres organismes. La création de l’Institut Agreenium en 2015 manifeste la volonté des pouvoirs publics de mieux coordonner la recherche agronomique et d’affirmer cette priorité stratégique. Je confirmerai cette ambition car il est indispensable de maintenir une recherche publique de qualité pour répondre aux enjeux de demain.

Sur les 50 milliards d’euros du plan d’investissement présenté, 15 milliards d’euros seront dédiés à la transition écologique et 5 milliards à l’agriculture. Ce sont des priorités assumées avec notamment un fort soutien à la recherche et à l’innovation.
Nous souhaitons aussi favoriser les expérimentations : lorsqu’une norme est vraisemblablement inadaptée face à un projet innovant, nous devons permettre une dérogation temporaire et en évaluer le résultat. 

Quelle est la position de votre candidat sur les biotechnologies en général (OGM) et plus particulièrement sur la sélection assistée par marqueurs, sur la mutagénèse, et sur les nouvelles méthodes d’édition et de corrections du génome (Crispr/Cas9, etc…) ?

La recherche en génétique doit être davantage collaborative, et les nouveaux champs explorés à la fois par les industriels et la recherche publique. Nous souhaitons explorer le potentiel de développement des New Breeding Technologies en laboratoire et en confinement, à des fins agronomiques comme thérapeutiques.

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