questions/réponses 25 | 02 | 2008

Gaucho, régent, cruiser GRW répond à Katharina

Gil Rivière Wekstein,

Même si ces produits n’étaient pas des agents directs de la mortalité des abeilles, comment imaginer que des insectides soient totalement inoffensifs pour des ...insectes ?

A force de traitements phytosanitaires en tous genre, à force de contamination des sols et des eaux, à force de vouloir maîtriser chimiquement des équilibres qui ont mis des millions d’années à se mettre en place, ne croyez vous pas que nous sommes sur la mauvaise voie ? La volonté issue du Grenelle de baisser la quantité de pesticides serait elle farfelue ?

Les abeilles ont d’autres ennemis, toujours plus nombreux, faut il en rajouter ?

Vos articles sont intéressants, mais ils soutiennent un monde dont la volonté est que toute la vie humaine dépende d’une poignée de firmes semencières ou agrochimiques. A moins de posséder des actions de ces firmes et pas d’enfants, comment accepter cela ?

Sinon, mangez vous bio ou le tout venant ? Lavez vous soigneusement vos fruits avant consommation ? Je vous pose cette question dans la mesure ou vous semblez dire que les pesticides sont inoffensifs pour la santé.

KATHARINA

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REPONSE DE A&E

- 1 : Personne ne prétend que les insecticides – conventionnels ou bio – sont bons pour la santé de l’homme ou des abeilles. La roténone, largement utilisée en agriculture bio, est un redoutable poison. Mais, il ne faut jamais perdre de vue la question essentielle, qui est de comparer les bénéfices aux risques. Or, selon les enquêtes que j’ai pu réaliser, je peux vous assurer que le retrait du Gaucho et du Régent n’a eu aucune influence sur le problème général des mortalités d’abeilles, contrairement à ce que prétendent certains apiculteurs. D’un point de vue apicole, le combat contre le Gaucho est un faux combat. Pire, il permet de faire l’impasse sur tout un ensemble de pratiques apicoles, pas toujours très respectables. Savez-vous, par exemple, que les apiculteurs bio utilisent de l’acide oxalique contre le varroa ? Or, ce produit est tellement toxique – mortel pour l’homme – qu’il n’est même pas autorisé pour les apiculteurs conventionnels !

- 2 : Les équilibres que vous mentionnez n’existent pas. La nature est en constante évolution. Il serait donc plus correcte de parler d’harmonie entre différents éléments en changement perpétuel. La science – la chimie comme la physique – nous apprend à connaître les lois à l’origine de ces changements, et il me semble naturel que l’homme se serve de ces connaissances – donc de la chimie – pour intervenir dans la nature. C’est d’ailleurs ce qui fait la différence avec le reste du monde animal, car seul l’homme peut intervenir avec la conscience de ce qu’il fait. L’existence de l’espèce humaine n’est pas une erreur de la nature. L’homme n’est pas une sorte de « prédateur » qui ne ferait que détruire son environnement. Et s’il peut occasionner des dégâts, dans de nombreuses occasions, il est à l’origine d’une expansion plus harmonieuse de la nature et de la biodiversité.

- 3 : Tout le discours sur la réduction des pesticides, issu du Grenelle de l’Environnement, n’est rien d’autre qu’un discours politiquement correct, mais scientifiquement sans fondement. D’autant plus que se focaliser sur la quantité de pesticides montre un manque de connaissance agronomique élémentaire. Avec un tel raisonnement, il n’y aurait simplement pas eu de pommes de terre cette année. Prenez l’exemple du Danemark, qui a réduit sa consommation de pesticides. Aujourd’hui, ce pays importe du blé français pour faire du pain, car les contraintes environnementales y sont telles qu’il est très difficile d’y cultiver du blé de qualité. La vraie question est de maîtriser une consommation adéquate des pesticides, ce qui n’est pas la même chose que de réduire la consommation ! D’autant plus que rien n’est figé. Il n’y a donc pas de recette miracle.

- 4 : Je mange du bio et du tout vevant. Cela dépend des produits. Cependant, mes choix se font en fonction de la qualité gustative, - c’est-à-dire du parcours agronomique - des produits. Je préfère un poulet label – d’ailleurs pas nécessairement bio – à un poulet leader price. Mais, ces deux produits ne peuvent pas avoir le même prix. En revanche, tout le discours sur la santé des produits bio – ou conventionnels – relève de la propagande commerciale. Ceux qui mettent en avant les bienfaits pour la santé d’un produit alimentaire particulier, sont des charlatans, y compris Danone ! En revanche, on sait qu’une bonne alimentation repose sur une alimentation variée, et donc sur le fait de manger de la viande, du poisson, des légumes, des céréales etc... Je ne lave pas spécialement mes fruits avant de les consommer, et si je le fais, ce n’est sûrement pas pour éliminer d’éventuels résidus de pesticide, mais des traces de terre (on autre chose...)

pesticides

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