Je viens de lire, avec intérêt, le n°46 d’Agriculture & Environnement.

questions/réponses 16 | 04 | 2007

Nicolino, DDT et le climat

Bien qu’ingénieur agronome, j’ai travaillé toute ma vie active dans la santé publique, comme coopérant français en matière d’épidémiologie et de contrôle des maladies à vecteurs, puis à l’OMS dans ce même domaine et après comme sous-directeur général.

J’ai lu la semaine dernière le brûlot Nicolino-Veillerette qui contient fort peu de données originales, et beaucoup d’erreurs - dues soit à l’incompétence des auteurs, soit à des mensonges délibérés. J’ai largement utilisé le DDT, et ai contribué à évaluer sur le terrain de nombreux pesticides à vocation de santé publique. J’ai été, pendant des années, sur le tableau OMS d’experts des pesticides, puis je suis devenu le secrétaire du comité OMS correspondant et ai eu, à ce titre, à coopérer étroitement avec la FAO. Je suis ainsi bien placé pour confirmer que la thèse du complot des auteurs précités n’a aucune base.

En revanche, vous ne devriez pas sous-estimer la dérive climatique. Elle risque d’influencer la probabilité de survie de l’espèce humaine. Vous ne devriez pas non plus négliger la nécessité d’une certaine décroissance, notre Terre ne permettant pas à chacun de vivre comme la publicité le suggère.

J. HAMON

REPONSE D’A&E

Contrairement à ce que laissent généralement entendre la plupart des médias, il n’y a pas de consensus scientifique sur le lien entre le changement climatique et l’activité de l’homme, pour la simple raison que la science du climat est d’une complexité extrême. En France par exemple, le climatologue Marcel Leroux explique les modifications climatiques que l’on observe grâce aux échanges méridiens. Il a rédigé un résumé de sa théorie, qui a été distribué lors du séminaire de travail de l’Académie des Science sur l’évolution du climat le 5 mars dernier.

Il est d’ailleurs naturel que de nombreux scientifiques émettent différentes hypothèses sur ce sujet. Ce qui est moins normal en revanche, c’est la diabolisation dont ils font l’objet. Or, beaucoup d’intérêts très divergents utilisent le climat à des fins qui ne sont que politiques. C’est le cas des mouvements environnementalistes, qui voient effectivement là une manière de pouvoir imposer leur modèle basé sur la décroissance, mais aussi de l’industrie du nucléaire, qui pense pouvoir ainsi obtenir le soutien de la population pour relancer cette technologie. Cette instrumentalisation ouvre la voie à toutes les dérives simplistes et les manipulations d’opinion. C’est précisément ce qu’Agriculture & Environnement met en évidence à travers ses articles.

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