« N'avalons pas n'importe quoi ! »

revue de livre 01 | 12 | 2006

« N’avalons pas n’importe quoi ! »

Dans N’avalons pas n’importe quoi !, la journaliste Fabiola Flex dénonce les abus de certaines campagnes de l’industrie alimentaire. « Être mieux chaque jour », clame Danone ; « ensemble, mieux manger, mieux vivre », claironne Nestlé ! Mais que se cache-t-il vraiment derrière ces slogans ? C’est ce que l’auteur a voulu savoir, en mettant en balance ses découvertes avec les véritables besoins des consommateurs : « boire du lait enrichi en calcium ? Inutile si on ne souffre pas d’une maladie des os. Faire confiance aux aliments allégés pour perdre une taille ? S’ils sont moins sucrés que les produits standards, ils sont aussi parfois plus gras, voire plus caloriques ».

Cependant, le livre ne constitue pas un réquisitoire dogmatique contre l’industrie agroalimentaire. « On ne leur demande pas de cesser la production de barres chocolatées, de biscuits, de sucettes ou de brioches. Loin de là ! Mais qu’ils nous parlent simplement de plaisir, pour nous vendre leurs friandises ; non de vitamines ou de lait ! », s’exclame Fabiola Flex. La journaliste accuse en effet Danone, Nestlé, Kellogg’s et consorts, de doper leurs ventes d’aliments « plaisir » en les parant de toutes les vertus santé possibles : « ils dénichent des bénéfices nutritionnels dans des aliments... qui ne sont pas conçus pour en avoir ! Les glaces, les biscuits, les bonbons, les viennoiseries et les chips ».

Le cas des matières grasses

Pourtant, des millions d’euros sont investis par les géants de l’agroalimentaire, au nom de notre « bien-être ». Même « la graisse utilisée par la restauration rapide a été passée au peigne fin de la santé ». Dès juin 2004, McDonald’s s’est lancé dans une campagne publicitaire vantant l’huile de colza, « le top de la matière grasse, [...] mieux équilibré sur le plan nutritionnel » et plus riche en oméga-3. Or, explique Fabiola Flex, « si McDonald’s fait effectivement ses frites dans de l’huile de colza depuis 1996, il en utilise une version... partiellement hydrogénée ! Résultat : non seulement les oméga-3 sont décimés dans sa matière grasse, mais en plus cette dernière regorge d’acides gras trans ! » Selon Eric Gravier, vice-président en charge des achats pour la France, l’huile de colza de McDonald’s contient 12 % d’acides gras trans. Alors que celle de son concurrent belge Quick en contient moins de 1 % ! Eric Gravier explique cependant que son groupe fait des efforts pour obtenir une huile qui ne contienne pas plus de 2 % d’acides gras trans. « Mais il a fallu d’abord trouver à partir de quelle variété de colza, non génétiquement modifiée, on pouvait produire cette huile », souligne-t-il, tout en précisant : « tout cela a nécessité quatre ans de travail avec la recherche et l’agriculture. En 2006, si le climat le permet, la récolte devrait couvrir 20 % de nos besoins pour la France. » Pourtant, au Danemark, les huiles utilisées par McDonald’s ne dépassent pas la limite de 2 % d’acides gras trans depuis 2004. « Là-bas, la chaîne de restauration rapide utilise tout simplement un mélange d’huile de palme, de tournesol et de colza », explique Fabiola Flex.

Mais il est vrai qu’au Danemark, les autorités sanitaires ont imposé une teneur maximale en acides gras trans de 2 % dans les produits partiellement hydrogénés. McDonald’s n’avait donc pas le choix...

N’avalons pas n’importe quoi !
Fabiola Flex
Editions Robert Laffont / Denoël
Prix : 18 euros - septembre 2005

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