OGM : 100 milliards de gain pour les agriculteurs…

0 Partages

Régulièrement, le bureau britannique de consulting PG Economics publie des études sur l’impact économique global des OGM cultivés dans le monde. D’ordinaire, les médias français – y compris agricoles – s’accordent à passer ces travaux quasiment sous silence. Cette année ne fait pas exception à la règle. Il est vrai que les conclusions de l’étude de Graham Brookes et Peter Barfoot, rendue publique le 22 avril dernier, ne sont pas très politiquement correctes. Les auteurs estiment en effet qu’en 2011, les agriculteurs ont augmenté leur bénéfice net de 19,8 milliards de dollars grâce aux OGM. Ce qui représente l’équivalent d’une augmentation moyenne de revenu de 133 dollars par hectare. En outre, sans les OGM, plus de 15 millions d’hectares de surfaces agricoles supplémentaires auraient été nécessaires pour produire la même quantité de céréales. Ce qui correspond au quart de la surface agricole de l’Union européenne. Enfin, les auteurs soulignent que les grands producteurs américains, brésiliens et argentins, ne sont pas les seuls grands bénéficiaires de cette technologie, les paysans des pays en développement ayant tiré un bénéfice d’environ 10 milliards de dollars pour l’année 2011.

« Depuis 1996, le gain accumulé s’élève à 98 milliards de dollars », indique Graham Brookes. Pour la période retenue (1996-2011), les semences de coton et de maïs résistantes aux insectes ont permis un gain de rendement de 15,8% et 10% respectivement, ainsi qu’une économie de 500000 tonnes de pesticides ! Ces hausses de rendement ont permis la production de 110 millions de tonnes de soja, 195Mt de maïs, 16Mt de coton et 7Mt de colza. Avec les OGM, on produit donc plus et mieux !

« Notre publication apporte des éclairages sur les raisons qui poussent tant d’agriculteurs du monde entier, lorsqu’ils ont le choix, à adopter la technologie OGM et à continuer à l’utiliser », explique Graham Brookes. Bien entendu, une telle étude basée sur un modèle macro-économique prenant difficilement en compte les spécificités locales, pourtant significatives, est facilement critiquable. Notamment en ce qui concerne les hypothèses retenues pour les différences de rendements entre cultures OGM et non OGM. De même, il n’est pas aisé de globaliser avec précision la quantité d’insecticides non utilisée suite à l’usage des plantes transgéniques résistantes à certains ravageurs. Et pourtant, aucune association anti-OGM ne s’est risquée à critiquer réellement cette étude, tant sur le fond que sur la forme.

En revanche, on reproche à ses auteurs d’avoir réalisé ces travaux pour le compte de l’association britannique des biotechnologies (ABE), un organisme réunissant l’essentiel des semenciers internationaux (notamment DuPont, Monsanto, Bayer et Syngenta). Cette critique n’est pas infondée. C’est pourquoi il ne serait pas inutile que Stéphane Le Foll mandate un organisme indépendant afin de confirmer – ou infirmer – ces résultats plutôt encourageants. À moins que le ministre préfère ignorer les performances économiques que pourraient apporter les biotechnologies à l’agriculture française, dont la compétitivité est de plus en plus remise en cause…

0 Partages