AccueilEditoDéjà de sérieux coups de canif dans la loi agricole

Déjà de sérieux coups de canif dans la loi agricole

Le passage du projet de loi d’urgence agricole devant la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale, la dernière semaine du mois d’avril, a envoyé un signal désastreux au monde agricole.

Du côté des députés LFistes et écologistes, aucune surprise : ils ont affiché clairement leur hostilité aux retenues d’eau. Ainsi, tandis que la députée LFI Anne Stambach-Terrenoir a convoqué « le jour du dépassement » pour cibler encore une fois les agriculteurs, la députée écologiste de la Vienne Lisa Belluco a martelé que la seule politique possible, « c’est le stockage naturel ». « Vous dites clairement non au stockage de l’eau », lui a répondu, avec raison, la ministre Annie Genevard.

En revanche, d’autres députés, comme le député MoDem Éric Martineau ou la députée UDI Constance de Pélichy n’ont pas ménagé leur peine pour apporter au texte du contenu. Et pourtant, en fin de compte, celui qui est sorti de la Commission se résume à une complexification des procédures, un renforcement des contraintes, un durcissement de plusieurs dispositifs et, comble de l’absurde, à la suppression des mesures clés, précisément celles demandées par le monde agricole. Bref, disons-le sans détours, cela marque encore une fois la victoire de l’écologie punitive. Et c’est de toute évidence également le résultat voulu par la rapporteure de la Commission, la députée EPR Nathalie Coggia, qui s’est illustrée par un détricotage méthodique d’un texte si fondamental pour l’ensemble du secteur agricole.

Le mécanisme qu’elle a utilisé s’est révélé d’une redoutable efficacité : occuper le terrain avec ses propres amendements pour bloquer ceux favorables au monde agricole. Ainsi, chaque fois qu’un amendement visant à faciliter le stockage de l’eau ou à sécuriser l’accès des irrigants à la ressource était déposé, la rapporteure y opposait l’existence de son propre texte alternatif pour justifier un avis défavorable. Emblématique à cet égard est son amendement sur la recharge active des nappes phréatiques, qu’elle avait elle-même déposé, avant de le retirer au motif que « c’est déjà possible sans base législative supplémentaire ».

Face à ce verrouillage méthodique, Annie Genevard, qui, dans ses discours, partage l’ambition d’un texte volontariste sur le stockage, n’a pas su réagir, voire, à la grande surprise de certains observateurs, a même joué contre son propre camp ! D’où ce bilan catastrophique, immédiatement dénoncé par la FNSEA : « Certains députés ont choisi non pas de secourir l’agriculture française, mais de tirer sur l’ambulance », a parfaitement résumé son président Arnaud Rousseau, qui appelle désormais les députés à se ressaisir en séance publique. Un constat partagé par le président de la CR, Bertrand Venteau, qui déplore « l’effet de mercenaires de l’écologie punitive et de la décroissance dans certains groupes politiques ».

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