À l’heure où les écuries se mettent en ordre de bataille pour la présidentielle de 2027, une question se doit d’être posée : quelle place l’agriculture occupera-t-elle dans la campagne ? Le sujet tient à cœur aux Français, c’est certain. Mais il risque fort d’être éclipsé par des thèmes jugés plus urgents – la sécurité, les turbulences géopolitiques et, surtout, le pouvoir d’achat. On pourrait espérer que le réarmement industriel, omniprésent dans les discours, apporte du grain à moudre à ceux qui veulent relancer notre agriculture. Il est pourtant à craindre que le sujet agricole soit abordé d’une manière bien plus problématique.
Les propos de Jean-Luc Mélenchon, candidat déclaré de La France insoumise, en offrent une illustration limpide. Sa stratégie est claire et assumée : alimenter l’anxiété autour de notre alimentation pour mettre en cause le modèle agricole en particulier, et le capitalisme en général.
« L’infertilité, le diabète et les cancers sont des maladies politiques et écologiques », écrit-il ainsi sur X, avant de poursuivre : « Les pesticides déversés sur le pays ont pollué tous les cours d’eau. Ils propagent ces maladies. Les modes de production actuels sont aussi responsables des laits infantiles contaminés. » Sa conclusion tombe comme un verdict : « Cela ne peut plus durer. Nous devons changer en profondeur notre système de production. » Un commentaire non dénué d’ironie lui répond : « Je n’avais pas remarqué que l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé s’effondraient année après année… Merci à toi de m’avoir éclairé, phare universel de la pensée. » Les propos de cet internaute paraissent beaucoup plus raisonnables que ceux de Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des champignons pathogènes, entendus sur LCI, assurant, sans le moindre contradicteur, que nous sommes « la seule espèce qui empoisonne sa nourriture – pour ne pas que d’autres espèces nous la mangent – et qui la mange après, sachant qu’on l’a empoisonnée ! »
Du côté des écologistes, la même mécanique est à l’œuvre. En témoigne la Convention consacrée à la santé environnementale, le 30 mai, à Paris, qui s’est articulée autour de deux tables rondes : l’une sur les « Pesticides, PFAS, microplastiques, cadmium… : l’empoisonnement invisible », et l’autre intitulée « En finir avec la fabrique du doute ».
Venant en renfort à cette offensive, diverses ONG, telles que Générations Futures ou le WWF, investissent à leur habitude l’espace public avec leurs campagnes sur le thème de l’eau polluée par les pesticides ou sur la présence des pesticides dans l’alimentation. Et pendant que la population essuie une nouvelle vague de désinformation, le candidat Mélenchon se frotte les mains…


