Merci Monsieur Veillerette !

Présentée le 20 février 2007 par le député-maire de la Vienne Jacques Remiller, la proposition de résolution pour la création d’une «Commission d’enquête sur les causes de la surmortalité des abeilles dans les ruchers français (1) » ne fera pas plaisir à certains syndicats apicoles.

Présentée le 20 février 2007 par le député-maire de la Vienne Jacques Remiller, la proposition de résolution pour la création d’une «Commission d’enquête sur les causes de la surmortalité des abeilles dans les ruchers français (1) » ne fera pas plaisir à certains syndicats apicoles. L’objectif de cette commission est de faire la lumière sur « l’incohérence de la gestion technique et scientifique du dépérissement des abeilles en France [et sur] la manière dont les budgets de recherche pour l’apiculture ont été attribués et gérés en France, notamment par le programme d’orientation apicole ». Ce qui revient à dire qu’il y aurait effectivement eu, depuis une dizaine d’années, quelques dysfonctionnements dans la gestion de la crise apicole. Pour Jacques Remiller, « le ministre [Hervé Gaymard] a pris la décision [de suspendre le Régent et le Gaucho] dans le flou scientifique en souhaitant appliquer le principe de précaution ». A l’époque, le député avait pourtant lui-même appuyé la démarche du ministre. Or, explique-t-il, « aujourd’hui, les conclusions [des scientifiques] dédouanent les produits incriminés deux ans après leur suspension ». Jacques Remiller rappelle d’ailleurs que dès le 18 novembre 2004, Hervé Gaymard avait révélé dans un entretien à la revue VSD : « Dans l’affaire du Régent et du Gaucho, il y a eu un emballement médiatique qui n’était sans doute pas étranger aux élections régionales de 2004. Mais le problème, c’est que des études scientifiques disent aujourd’hui que la mortalité des abeilles ne serait pas due qu’aux pesticides incriminés, et là, pas un mot dans aucun journal de 20 heures. » Aujourd’hui, des documents de l’unité Abeilles de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments
confirment les propos du ministre de l’époque.

Plus surprenant, Marion Guillou, la très prudente directrice de l’Institut national de la recherche agronomique, est sortie de sa réserve. Répondant aux questions du journaliste Fabrice Nicolino, co-auteur avec le militant anti-pesticides François Veillerette d’un livre au titre racoleur : Pesticides, révélations sur un scandale français, elle a ouvertement déclaré : « Je crois que l’histoire nous dira que l’affaire du Gaucho a été un peu manipulée. Je ne suis pas sûre que les syndicats d’apiculteurs à l’origine des contestations aient eu des pratiques professionnelles totalement transparentes. Je pense notamment à l’usage de certains médicaments, ainsi qu’à l’importation de reines, qui ont compromis l’équilibre génétique des abeilles. Au total, je crois que la mortalité des abeilles a eu des causes multifactorielles. Malheureusement, on a camouflé la complexité de la question en polarisant sur le Gaucho. Qui est sans doute une cause, mais modérée par rapport à d’autres. Nous n’avons pas pu aller au bout des études en France, car il y avait des gens
qui défendaient une thèse. Et la thèse, c’est que le Gaucho était le grand responsable. […] Nous avons lancé une enquête auprès des services vétérinaires pour connaître la mortalité des ruches. Et il a été impossible d’obtenir des chiffres sur cette mortalité, qui nous auraient renseignés sur les liens entre cette dernière et l’emploi du Gaucho. Les apiculteurs ont refusé de répondre aux demandes des services vétérinaires.»

Voilà des informations qui méritaient effectivement d’être révélées.

Merci MM. Nicolino et Veillerette !

 

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