Le Cruiser, le Poncho et le Gaucho de nouveau autorisés en Allemagne

Le 27 juin dernier, le bureau fédéral allemand de la protection des consommateurs et de l’alimentation (BVL) a réautorisé les traitements de semences à base de thiamethoxam, de clothianidine et d’imidaclopride pour les cultures de colza.

L’utilisation de ces matières actives avait été suspendue le 16 mars dernier, suite à des mortalités d’abeilles signalées dans le Baden-Württemberg (Allemagne du Sud). Selon l’avis du BVL, les enquêteurs allemands privilégient aujourd’hui la piste d’un problème de poussières du à la conjonction de plusieurs facteurs tels qu’une mauvaise qualité de l’application, l’utilisation de certains semoirs pneumatiques et des conditions climatiques très particulières (temps très sec et venteux). « Chez le maïs, une abrasion a conduit à ce que des poussières du produit phytosanitaire soient disséminées dans l’environnement et ensuite absorbées par les abeilles », peut-on lire dans l’avis. Dans son autorisation, le BVL préconise donc de renforcer l’adhésion du produit phytosanitaire à la graine et d’utiliser exclusivement des machines qui ne libèrent pas de poussières dans l’air. Par ailleurs, il a demandé au Julius Kühn Institut de vérifier s’il existait ou non un risque que la matière active absorbée par la plante de colza puisse se retrouver au niveau de la fleur, exposant les butineuses à un danger. La réponse de l’institut a été claire : « Un impact sur les abeilles par ce biais est impossible ».

« La décision allemande permet aux semenciers de commencer le traitement des graines à temps pour les semis de colza », explique Claude Grand, directeur général de RAGT Semences. Sur les 1,4 million d’hectares consacrés au colza outre-Rhin, « 99% des surfaces sont en effet semées avec des semences traitées », souligne M. Grand.

Selon le ministre de l’Agriculture du Baden-Württemberg, Peter Hauck, la société Bayer CropScience, propriétaire de la clothianidine, a mis à la disposition de la région une somme de 2 millions d’euros, qui devrait être attribuée aux apiculteurs touchés par l’intoxication, en fonction des preuves apportées et sous réserve que la molécule soit bien à l’origine de cet incident particulier. Ce geste de bonne volonté s’inscrit dans le cadre d’une longue collaboration entre les principaux syndicats apicoles allemands et Bayer CropScience. Evitant toute polémique et cherchant surtout à trouver les causes de leurs problèmes, les apiculteurs d’outre-Rhin ont participé depuis plusieurs années avec leurs instituts techniques apicoles, les pouvoirs publics et les entreprises agrochimiques, à la réalisation d’un monitoring permettant d’évaluer l’ampleur et les causes réelles des mortalités des abeilles. Ce monitoring a d’ailleurs clairement mis en évidence le rôle majeur des maladies, en particulier de la varroase, dans les mortalités.

Derniers articles

condamnation arboriculteur

Justice : la scandaleuse condamnation d’un arboriculteur

L'enquête de la journaliste du Point Géraldine Wœssner sur un arboriculteur-pomiculteur de l'Isère, condamné pour avoir répandu un produit phytopharmaceutique dans ses champs de...
TourTournesol Anses VrTH importation Ukraine

Le communiqué de presse de l’Anses sur les VrTH sème la confusion

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. On a pu le vérifier une fois de plus après le communiqué de presse de...
Aymaric Caron Nupes legistive 2022 C a vous

Aymeric Caron : l’aile antispéciste et malthusienne de la Nupes

Pour les législatives 2022, l’alliance avec le parti antispéciste d’Aymeric Caron confirme que LFI n’hésite pas à courtiser l’aile la plus radicale de l’écologisme Le...
jean luc melanchon marche contre monsanto

Mélenchon en « Ecolo Maximo » à la Marche contre Monsanto-Bayer

À l’occasion de la 10e édition de la Marche contre Monsanto-Bayer et l’agrochimie, Mélenchon s’est revendiqué des théories complotistes loufoques de la militante indienne...
gil riviere wekstein edito A&E

Gouvernement Borne : à boire et à manger !

La nomination d’Élisabeth Borne en tant que cheffe du gouvernement est-elle une bonne chose pour le monde agricole ? S’il est encore trop tôt...

Dans la même rubrique

Sulfoxaflor: Corteva répond à la Commission européenne

La volonté de la Commission européenne de restreindre l’usage du sulfoxaflor a provoqué une réaction ferme de la firme Corteva, qui estime cette initiative...