Des agriculteurs danois dans les starting-blocks pour cultiver des OGM

Après la mise en place par le Danemark du programme de réduction des pesticides le plus draconien d’Europe, le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche danois termine une première séance de formation suivie par non moins de 250 agriculteurs. Celle-ci leur permettra de se lancer dans l’aventure des cultures transgéniques.

« Cette formation a été mise en place conformément à la législation encadrant la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM), votée en 2004 », précise pour A&E Karina Vintersborg, responsable du département des semences du ministère de l’Agriculture. De son côté, la ministre de l’Agriculture, Eva Kjer Hansen, a rappelé l’importance de cette formation. « Afin de profiter des avantages qu’apportent les plantes génétiquement modifiées, tant d’un point de vue économique que pour améliorer l’environnement, il était important que chaque agriculteur ait connaissance des exigences qu’impose la loi d’encadrement. Le fait que 250 agriculteurs aient décidé de se former indique clairement que la profession est prête à se lancer dans cette nouvelle voie. Des essais ont déjà été réalisés avec du maïs génétiquement modifié sur le sol danois, et nous avons mis en place un cadre transparent permettant la coexistence entre cultures transgéniques et cultures conventionnelles », a déclaré la ministre.

Bien que la population danoise reste dans sa majorité hostile aux OGM, le débat est plutôt apaisé depuis la loi-cadre de 2004. « Les associations danoises en défense de l’agriculture biologique se sont déclarées pour l’ensemble satisfaites par cette loi. Elles ont obtenu que lorsqu’une contamination fortuite diminuerait la valeur de leur culture, l’Etat apporterait immédiatement une compensation, provenant d’un fonds d’indemnisation », indique Karina Vintersborg. Ce fonds sera alimenté par une contribution (fixée actuellement à 13 euros à l’hectare) que devra verser chaque agriculteur qui cultive des OGM. « Grâce à cette loi, nous pourrons parfaitement vivre avec des culture OGM », avait déclaré le 26 mai 2004 Knud Erik Sørensen, le président de l’association Organic Danmark, dans un communiqué de presse.

Selon Karina Vintersborg, de nombreux agriculteurs danois manifestent un intérêt « pour la pomme de terre transgénique Amflor, mais surtout pour le maïs NK603, une variété résistante au glyphosate ». Il est vrai qu’avec une consommation de plus de 1.000 tonnes, cet herbicide est de loin le plus utilisé au Danemark – il représente à lui seul 42% de la vente totale des herbicides. En outre, environ 80% de l’alimentation pour le bétail (essentiellement le porc) proviennent déjà de céréales OGM importées. Il s’agit principalement de soja (1,8 million de tonnes) ; mais le maïs OGM est aussi concerné (environ 0,1 million de tonnes). « L’alimentation pour le bétail est devenue une charge importante pour les agriculteurs. Elle est source de concurrence déloyale, par exemple avec les agriculteurs d’Amérique latine. La question des cultures de plantes transgéniques mérite à nouveau d’être posée », a souligné dernièrement Eva Kjer Hansen au quotidien économique Børsen. Décidément, le Danemark n’a pas fini de surprendre…

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