Le dernier coup de com’ de Générations Futures

Chaque année, à l’occasion du Salon de l’Agriculture ou de ladite « Semaine sans pesticides », Générations Futures en profite pour organiser une opération massive de com’. En général, l’association anti-pesticides publie ce qui est désormais connu sous le nom d’étude « Canada Dry », c’est-à-dire une publication qui ressemble à une étude scientifique, qui a le goût d’étude scientifique, mais qui n’est rien d’autre qu’un document de propagande.

Pour ce début d’année 2018, l’association pilotée par François Veillerette a décidé de faire au plus simple : elle a repris les données brutes des cinq derniers plans de surveillance réalisés par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) afin « de calculer et communiquer les taux de contamination par les résidus de pesticides des principaux fruits et légumes durant cette période » .

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Grâce à une belle présentation anxiogène à souhait, la presse généraliste s’est précipitée pour relayer une révélation… qui n’en est pas une. En effet, tout l’art de François Veillerette consiste à rendre alarmistes des données particulièrement rassurantes, 97,3 % des fruits et légumes analysés étant en effet conformes aux normes françaises. L’objectif : faire se précipiter les consommateurs dans les magasins de ses sponsors, c’est-à-dire le lobby du bio. « Il n’y a qu’un seul et unique moyen d’être sûr de ne pas en croiser : manger bio », note ainsi le site d’Europe 1. Mission réussie pour M. Veillerette…

Le délire de la presse généraliste…

Qu’importe que Générations Futures ne fournisse aucune indication concernant les taux de concentration des pesticides retrouvés ou encore leur nature, ça marche ! « Pesticides : un rapport alarmant sur les fruits et légumes», titre une dépêche de l’AFP. « L’ONG Générations Futures publie ce mardi une étude inquiétante », écrit Julie Ruiz dans Le Figaro. « Céleris, raisins et clémentines à éviter », note Gaétan Supertino pour Europe 1. « Mieux vaut opter pour une salade maïs et asperges que pour un duo de céleri et d’endive », poursuit le journaliste.

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Certainement pris par le temps, aucun de ces journalistes ne s’est donné la peine de confronter le discours trompeur de Veillerette à celui de toxicologues reconnus. Seuls les lecteurs du Monde auront l’avis de deux spécialistes : « Avant de dire que la situation est dangereuse, il faut des informations complémentaires sur les pesticides concernés », relativise Emmanuelle Kesse-Guyot, épidémiologiste et directrice de recherches à l’INRA, tandis que Jean-Pierre Cravedi, toxicologue et directeur de recherches à l’INRA rappelle avec raison que « la présence de résidus de pesticides n’est pas inquiétante en soi pour la santé » Aucune vérification, des termes exagérés, des raccourcis et finalement des conclusions qui n’ont plus aucun sens, telles sont les ficelles qui per- mettent au lobby du bio d’alimenter la Fabrique de la peur.

… et de certains politiques

Et ce n’est pas tout :  «Le rapport rendu par @genefutures sur les #pesticides met bien en évidence l’urgence de la sortie d’un usage non maîtrisé des produits phytos », s’est empressée d’écrire Brune Poirson, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Visiblement la communication de Générations Futures est parfaitement adaptée au discours du gouvernement. Comme l’a remarqué le twitteur Grain Hedger : « Les ONG militantes font la politique du gouvernement… ça fait froid dans le dos ». En effet !