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Etude PestiRiv : l’audition de l’Anses et de Santé publique France rassure les sénateurs

Le 22 octobre, s’est tenue au Sénat une audition à huis clos de l’Anses et de Santé publique France (SpF) sur les résultats de l’étude PestiRiv, dont A&E a pu consulter le compte rendu. Explications.

Après la publication de l’étude PestiRiv, qui a donné lieu à une large couverture médiatique de nature plutôt anxiogène, le Sénat a décidé d’auditionner les responsables de l’Anses et de Santé publique France (SpF) dans le cadre du groupe d’études Agriculture, élevage et alimentation dirigé par le sénateur LR de la Haute-Loire, Laurent Duplomb.

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« J’ai souhaité auditionner les responsables de cette étude, car il m’a semblé nécessaire que, sur un sujet aussi grave et qui concerne la santé de nos concitoyens, la représentation parlementaire puisse avoir un dialogue direct avec les auteurs de ce travail », a ainsi confié Laurent Duplomb à A&E. Cette audition, qui a réuni le 22 octobre dernier une trentaine de participants issus de toutes les familles politiques, n’a malheureusement pas pu être retransmise en direct, ce qui aurait sans aucun doute permis d’ouvrir à un public plus large une compréhension rigoureuse des conclusions de l’étude.

Plus de 600 retombées dans les médias

Comme le rappelle l’Anses, la conférence de presse organisée le 15 septembre 2025 par les agences de l’Anses et de SpF a suscité dans les jours suivants une couverture médiatique considérable.

Au total, pas moins de 648 retombées dans les médias avec, selon l’Anses, « deux accroches médiatiques : une alarmiste reflétant un choix partisan, une plutôt neutre et factuelle ». L’Anses estime que « 70 % des retombées reprennent les messages clés avec une tonalité neutre », tandis que « 30 % des retombées mettent en avant les risques et les dangers pour la santé avec un ton alarmiste ».

Une appréciation qui interpelle d’autant plus que, toujours selon l’Anses, « dans les articles les plus neutres, on insiste sur les hauts niveaux d’exposition chez les riverains comme un signal d’alerte, sans qu’il soit pour l’instant question de conclure à des effets sanitaires directs ». Et l’Anses de conclure : « Les journalistes rappellent les incertitudes, les limites et les recommandations. » En réalité, même dans ces articles prétendus « neutres », les propos étaient, eux aussi, plutôt de nature anxiogène…

Pourtant, lors de l’audition, à la question de savoir si, sur le plan sanitaire, il y avait de quoi s’inquiéter, les réponses données furent parfaitement claires et sans équivoque : « Nous n’avons pas retrouvé dans PestiRiv des dépassements alarmants, donc pas d’alerte formulée sur le plan de l’exposition », a indiqué Caroline Semaille, la directrice générale de SpF. « Les résultats sont dans la gamme que l’on observe dans le reste de la population générale pour les substances qui avaient aussi été intégrées dans le programme de biosurveillance en population générale. Ils sont normalement attendus d’un point de vue statistique, c’est-à-dire en comparaison à la statistique connue », a-t-elle précisé, spécifiant que ces résultats étaient ceux « attendus », avec une « exposition des personnes proches des vignes plus grande ». « D’un point de vue statistique, les résultats entrent dans une gamme de distribution qualifiée de normale », a-t-elle conclu.

Le directeur général délégué de l’Anses, Matthieu Schuler, a, pour sa part, confirmé que les données récoltées ne soulevaient pas de problème particulier : « Sinon, on aurait retiré ou aménagé les AMM. » C’est d’autant plus important à noter que, d’après les experts auditionnés, cette étude, qui a impliqué « près de 2 000 participants adultes et 800 enfants choisis selon un plan de sondage statistique », permet de « conclure à une représentativité ». Ainsi, elle apporte des « résultats robustes » notamment sur les urines et l’air, mais « plus expérimentaux sur les cheveux » en raison d’un manque de référentiels sur les méthodes.

« Nous n’avons pas retrouvé dans PestiRiv des dépassements alarmants, donc pas d’alerte formulée sur le plan de l’exposition », a indiqué Caroline Semaille de SpF

Plus précisément, il a été rappelé que « dans les urines, les niveaux sont du même ordre de grandeur que ceux dans Esteban » et que, dans l’air extérieur, « les concentrations mesurées sont en deçà de celles modélisées dans l’évaluation pré-AMM » et « du même ordre de grandeur que celles observées dans la campagne nationale exploratoire des pesticides dans l’air extérieur (CNEP 2018-2019) ».

Or, l’interprétation des résultats de la CNEP n’avait nullement conduit à conclure à une alerte sanitaire. En d’autres termes, s’agissant de la présence de pesticides dans l’air, « il n’y a de toute évidence rien à signaler ». « PestiRiv confirme que la qualité de l’air est conforme, par rapport aux pesticides », ont indiqué les experts auditionnés.

Dans les fruits et légumes des jardins potagers, « les niveaux sont inférieurs aux LMR », et donc conformes aux normes sanitaires. Toutefois, « les mesures dans les fruits et légumes des jardins potagers constituaient un volet exploratoire de l’étude, avec très peu d’échantillons collectés ». Enfin, concernant les poussières déposées au sol dans les logements, « les données comparables sont rares » et « les niveaux difficilement interprétables en termes de risque pour la santé ».

Présent à l’audition, Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, s’est dit « rassuré par ce que j’ai pu entendre lors de nos échanges avec les représentants de l’Anses et de SpF ». « J’ai eu le sentiment qu’on avait pu lire dans la presse des propos bien moins clairs et bien plus anxiogènes que ceux que nous ont transmis les experts auditionnés. Et c’est tant mieux », a-t-il résumé pour A&E.

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