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Lever les verrous qui bloquent notre agriculture

Le 8 décembre 2025, la ministre Annie Genevard a lancé « les conférences de la souveraineté alimentaire ». Prévues par la loi d’orientation agricole promulguée en mars 2025, elles auront lieu pendant le premier semestre 2026 afin d’aboutir à la présentation d’un plan national de production et de transformation pour les dix ans à venir.

« Si nous sommes réunis ici, c’est que la guerre agricole se prépare », a déclaré la ministre à Rungis le 22 décembre, dans un discours qui faisait écho à celui tenu au même endroit par le président Macron le 11 octobre 2017, il y a donc déjà huit ans. Le secteur agroalimentaire dégageait alors un bilan excédentaire de 7,6 milliards d’euros, et le chef de l’État s’était mis en tête que la « montée en gamme » de nos productions était la voie toute tracée vers le nouvel eldorado agricole. Son discours était brillant et aujourd’hui, on annonce pour la première fois depuis 1978, la possibilité d’une balance commerciale agroalimentaire… négative !

L’échec de la politique agricole des années Macron est donc incontestable. Les causes sont connues et largement partagées tant par les acteurs du monde agricole que par certains responsables politiques, qui ont fini par prendre conscience de la situation dramatique que traversent certains secteurs de notre agriculture. Ainsi, la ministre Annie Genevard n’a pu que reconnaître « l’érosion de nos facteurs de production », admettant même que la « France en vient, dans certaines filières, à exporter ses productions brutes et à réimporter ce que les autres transforment. Les pays en voie de développement ne font pas autre chose, pardon de cette vérité douloureuse ».

Certes, Annie Genevard a souligné dans son discours la nécessité de « lutter contre les tentations de la décroissance portées par quelques thuriféraires du décadentisme », mais en affirmant que sa « dernière ligne de conduite, peut-être la plus décisive, consiste à réveiller la conscience des consommateurs », suggérant ainsi que les origines de la crise agricole devaient se trouver dans les choix inadéquats des consommateurs. Or, la vérité « douloureuse », c’est plutôt le flagrant manque d’audace de ce gouvernement – et des précédents – paralysé devant l’urgente nécessité de revenir sur un nombre considérable de mesures adoptées depuis au moins le Grenelle de l’environnement, et cela afin de provoquer l’indispensable choc de compétitivité agricole et industrielle, dont la nation a tant besoin. Aussi, si ces conférences doivent avoir un sens, un seul, ce serait, comme le suggère Daniel Sauvaitre, président d’Interfel, de permettre d’identifier tous les verrous politiques, administratifs et réglementaires qui bloquent notre agriculture, et de s’engager à les lever. Tout le reste n’est que littérature.

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