Une nouvelle feuille de route pour l’UIPP, qui devient Phyteis

Lors de sa conférence de presse annuelle, l’Union des Industries de la Protection des Plantes (UIPP) a dévoilé sa nouvelle feuille de route entraînant également un changement de nom. Explication de Bruno Baranne, son président

Qu’est-ce qui a amené l’UIPP à décider de changer de nom pour Phyteis ?

Les profonds changements de paradigme du monde agricole nous ont amené, inévitablement, ces dernières années, à nous questionner sur notre positionnement.

La mission de l’agriculture sera toujours de produire, pour tous, une alimentation saine, de qualité. Néanmoins, sa feuille de route s’ouvre aux enjeux de souveraineté alimentaire, de réduction des risques d’impacts sur les écosystèmes, de contribution active à la lutte contre le réchauffement climatique.

Si, dans le passé, elle a toujours fait la preuve de sa capacité à s’adapter, dans le contexte actuel, elle a un grand besoin d’innovations pour accélérer cette transition, sécuriser la production. Nous sommes dans cette même dynamique. C’est dans ce cadre que nous inscrivons notre nouveau positionnement, qu’incarne logiquement une nouvelle identité : Phyteis.

Notre périmètre s’appuiera sur quatre grandes familles de technologies : la bioprotection, l’agronomie digitale, les biotechnologies, et la phyto-pharmacie conventionnelle

Ce choix, nourri par le dialogue avec la société, était d’ailleurs très attendu. Aujourd’hui, nous affirmons, plus fort, le futur de la protection des cultures. Son périmètre, élargi, rassemble toutes les technologies qui permettent de répondre plus vite aux enjeux de développement durable.

D’ailleurs, la signature « Protéger les cultures, protéger le futur » souligne notre mission. En protégeant les cultures, la France assure le futur de son agriculture, le futur de sa souveraineté alimentaire, le futur de son environnement et de sa biodiversité. Quant à Phyteis, c’est une référence directe à l’univers végétal, évocateur d’innovation et empreint de dynamisme. Le graphisme est décliné à partir de celui de notre association européenne CropLife Europe. Il souligne le lien profond entre nos deux organisations.

Quel sera alors le périmètre de vos actions ?

Il s’appuie sur quatre grandes familles de technologies que les agriculteurs utilisent le plus souvent en combinaisons. Il s’agit de la bioprotection, de l’agronomie digitale, des biotechnologies, et de la phytopharmacie conventionnelle.

Les produits de bioprotection s’inspirent directement de la nature. Ils permettent de développer une agriculture mieux intégrée dans son écosystème. Dans cette catégorie de produits figurent les substances sémiochimiques (par exemple les phéromones), les micro-organismes, les substances d’origine végétale, minérale ou animale y compris des innovations futures telles que les peptides ou les ARN, pour ne citer que quelques exemples.

L’agronomie digitale mobilise la puissance du numérique pour accompagner les agriculteurs dans leurs décisions et maximiser la prédiction, la modélisation et la précision des interventions.

Avec le numérique, la recommandation « le bon produit, au bon moment et au bon endroit » prend tout son sens. D’ailleurs, les entreprises de la protection des cultures se sont engagées à investir 10 milliards d’euros d’ici à 2030 pour accélérer la contribution de ces technologies.

De leur côté, les biotechnologies permettent d’accélérer la recherche de plantes capables de se défendre toutes seules contre les maladies et d’être plus robustes, plus productives avec des conditions climatiques défavorables. La connaissance du génome est une des formes les plus prometteuses de protection intrinsèque des plantes.

Enfin, la phytopharmacie conventionnelle reste un pilier essentiel de la protection des cultures, car elle apporte des solutions éprouvées pour toutes les cultures, contribuant ainsi à sécuriser les productions.

Cela va-t-il vous conduire à revoir votre organisation ?

Dans l’immédiat, nous créons des groupes de travail additionnels sur la bioprotection, le digital et la biotechnologie. Ils sont pilotés par les experts de Phyteis et associent des collaborateurs concernés par ces sujets dans les entreprises adhérentes. Ils ont déjà leur feuille de route 2022.

Nous prévoyons de réviser les statuts de Phyteis pour intégrer ces nouvelles dimensions et définir les conditions d’accueil d’entreprises engagées dans ces nouveaux piliers et qui partagent notre vision combinatoire des technologies. Notre souhait est de fédérer les disciplines scientifiques autour des solutions répondant aux enjeux décrits précédemment, de porter plus loin nos enjeux, nos attentes, nos progrès, auprès des pouvoirs publics et des parties prenantes. Car l’approche globale nous permet de contribuer activement à la transition agricole en déployant une large palette de solutions concrètes, efficientes et pérennes.

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