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Recours « contre les pollutions agricoles »

FNE et l’ACLC ont attaqué l’État pour « carence fautive » sur la qualité de l’eau potable. Une stratégie judiciaire qui cible une fois de plus l’agriculture sur des bases scientifiques contestables

Le 22 avril, France Nature Environnement (FNE) et l’Association citoyenne laïque des consommateurs (ACLC) ont déposé un recours devant le tribunal administratif sur la question de la pollution de l’eau, mettant en cause l’État français pour « carence fautive » dans la protection des captages d’eau potable. Cette initiative s’inscrit tout naturellement dans la stratégie judiciaire de la nébuleuse écologiste, qui a déjà déposé divers recours contre l’État au cours de ces dernières années : en 2016, sur la pollution atmosphérique, en 2019, concernant le climat, à l’initiative de « L’affaire du siècle », en 2021, au sujet du processus d’homologation des pesticides, à l’instigation de « Justice pour le vivant », ou encore en janvier 2026, sous l’impulsion de l’association Respire, pour contraindre l’État « à agir contre la pollution de l’air ».

Grâce aux financements publics dont bénéficie FNE (environ 2 millions d’euros par an), émanant principalement du ministère de la Transition écologique, mais aussi du ministère de l’Agriculture et de l’Office français pour la biodiversité, l’armée de juristes de l’association a pu élaborer une stratégie visant « à engager la responsabilité de l’État du fait de sa carence fautive dans la protection des captages ». Par ce recours, les deux structures expliquent vouloir « faire respecter un droit élémentaire des citoyens et citoyennes : avoir accès à une eau potable de qualité ».

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L’agriculture en ligne de mire

Pourtant, une fois de plus, c’est bien le monde agricole qui se retrouve dans la ligne de mire de FNE. Pour preuve, l’association, qui a lancé en parallèle une campagne visant à interpeller les maires « pour une eau sans pesticides », omet volontairement d’inclure dans la problématique de l’eau la question des résidus médicamenteux.

Or, la présence de médicaments détectés dans les rivières et les lacs de France a largement été documentée, relevant de la carbamazépine, un médicament utilisé contre l’épilepsie et la dépression, du sulfaméthoxazole ou encore du diclofénac et de l’ibuprofène, deux anti-inflammatoires. Ce qui n’a rien de très surprenant lorsqu’on sait que la France est le quatrième plus gros consommateur d’antibiotiques en Europe.

En revanche, la qualité de l’eau vis-à-vis des pesticides est bien loin d’être aussi catastrophique que le prétendent les écologistes. Selon un bilan du ministère de la Santé datant de décembre 2025 sur les pesticides dans l’eau du robinet, « le nombre de personnes concernées par des restrictions d’utilisation de l’eau distribuée pour les usages alimentaires » était de 140 habitants en 2024! Cela représente 0,0002% de la population. Face à ces données incontournables, Générations Futures elle-même n’a pu qu’admettre que « la qualité de l’eau potable [est] globalement bonne en France » et que « toute l’équipe de Générations Futures, dispersée dans toute la France, consomme l’eau du robinet ». Autrement dit, il n’y a absolument rien d’alarmant qui nécessite un recours contre l’État !

En 2024, le nombre de personnes concernées par des restrictions d’utilisation de l’eau distribuée pour les usages alimentaires était de 140 habitants, note le ministère de la Santé

L’argument financier

D’où l’insistance de FNE à se focaliser sur le coût plutôt que la santé. Ainsi, l’association dénonce les « coûts exorbitants de dépollution pour les Françaises et les Français », en affirmant que ceux « liés aux pollutions agricoles » sont estimés « à plus d’un milliard d’euros par an » et « intégralement supportés par les ménages ». Une estimation du Commissariat général au développement durable réalisée il y a… quinze ans, à partir de données datant de 2007-2008 ! En outre, s’agissant du coût de traitement des pollutions agricoles dans l’eau potable et les eaux usées, ce document donnait une fourchette de 480 à 870 millions d’euros par an, soit du simple au double. Bref, l’estimation est assez floue, et surtout ne reflète nullement l’état des connaissances de 2026.

Des détails qui ont finalement peu d’importance pour FNE, dont l’objectif, immuable, reste de « changer les pratiques agricoles » et, pour commencer, d’« interdire l’utilisation de pesticides de synthèse dans les aires d’alimentation des captages », avant de piloter toute l’agriculture française vers le seul modèle bio. Carole Hernandez-Zakine, spécialiste du droit de l’environnement appliqué à l’agriculture, déplore « ces contentieux spectacles car instrumentalisés pour communiquer auprès des citoyens sur la « mauvaise agriculture » défendue par un État supposé complice ». Et d’ajouter que « ce nouveau contentieux illustre cette technique devenue très habituelle de ces associations qui utilisent le droit comme un levier de pression afin que les pouvoirs publics soient forcés de réorienter les politiques vers une agriculture que ces ONG auront façonnée selon leurs critères ». Car, pour FNE comme pour le reste de la nébuleuse écologiste, « hors du bio, point de salut ! ».

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