Le 17 juin 2026 fera date. Ce jour-là, l’Union européenne s’est enfin dotée d’un cadre réglementaire afin d’autoriser certaines variétés issues des nouvelles techniques génomiques (NGT). Et c’est une très bonne chose. En effet, les promesses de ce type de biotechnologies végétales commencent à se traduire par des solutions disponibles pour les agriculteurs du monde entier, et il aurait été catastrophique de rater le train de cette innovation.
« Il existe déjà une dizaine de plantes génétiquement éditées dont la commercialisation a été approuvée par les autorités réglementaires de cinq pays », explique Catherine Regnault-Roger, membre de l’Académie d’agriculture, qui mentionne en particulier le cas d’une tomate alicament contre l’hypertension commercialisée au Japon depuis 2022, ainsi qu’un soja au profil nutritionnel amélioré disponible pour les agriculteurs américains. Certes, pas encore totalement sevrée de l’idéologie écologiste, l’Union européenne a mis en place une réglementation restrictive pour limiter de façon drastique l’usage des NGT en concoctant deux catégories théoriques – les NGT1 et les NGT2 – dont la seconde est de facto impossible à développer en Europe. Ce qui est plutôt affligeant au regard de la révolution qu’apporte l’intelligence artificielle. Car la combinaison entre les biotechnologies et l’IA ouvre un horizon d’innovations sans précédent.
De même, l’association entre l’IA et la robotique va, elle aussi, révolutionner l’agriculture, comme l’a mis en évidence le vice-président chargé des solutions agricoles chez Corteva, Brian Lutz : « Nous menons un projet pilote aux États-Unis portant sur un modèle de planification des traitements fongicides, où nous associons les informations spécifiques aux parcelles des exploitations de nos clients à nos données internes. Ces informations combinées leur permettent ensuite de déterminer avec précision le moment idéal pour pulvériser afin de lutter contre les principales maladies du maïs. »
Mais c’est peut-être du côté de la chimie, et donc des produits phytosanitaires, que la plus grande révolution a lieu. Toujours grâce à l’IA. Désormais, il devient possible d’explorer un vaste univers chimique pour trouver des molécules spécifiques capables d’interagir avec des protéines précises au sein des adventices, des insectes ou des organismes pathogènes. Tous les grands noms de la chimie ont déjà franchi le pas. « Nos équipes de recherche nous expliquent que 80 % des outils qu’ils utilisent aujourd’hui n’existaient pas il y a à peine cinq ans », nous a ainsi confié l’un de ses dirigeants français. Des propos confirmés par le vice-président de Corteva, qui souligne que « l’IA transforme tout ce que nous faisons. C’est, sans aucun doute, l’une des technologies les plus révolutionnaires qui aient jamais été inventées ». Comme quoi, la fin des phytos, ce n’est certainement pas pour demain !
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