Démission fracassante au giec

Christopher Landsea quitte le GIEC pour protester contre les affirmations erronées de Kevin Trenberth concernant un lien entre réchauffement climatique et activités cycloniques.

C’est avec fracas que le 17 janvier 2005, le Dr Christopher Landsea a claqué la porte du GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la Grande Eglise des apôtres du réchauffement climatique.

Spécialiste mondial des cyclones tropicaux au National Oceanographic and Air Administration (NOAA), le Dr Landsea a pris sa décision suite à l’intervention de son collègue Kevin Trenberth lors de la conférence de presse organisée à Harvard en octobre 2004 par le centre pour la Santé et l’Environnement Global.

M. Trenberth avait alors déclaré que le réchauffement global allait probablement continuer à provoquer davantage d’épisodes d’intense activité cyclonique. Financée par la compagnie de réassurances Swiss Ré, cette conférence est à l’origine de nombreux articles parus depuis dans les médias, qui lient directement l’activité des cyclones atlantiques de 2004 à l’effet de serre additionnel, et donc au prétendu réchauffement climatique. Dans sa déclaration transmise à la presse, le Dr Trenberth avait en effet affirmé que « les activités humaines changent la composition de l’atmosphère et le réchauffement global en résulte. (…) L’environnement dans lequel se forment les cyclones est en train de changer. Le résultat, c’est le cyclone de fin mars 2004, au large du Brésil : le premier cyclone observé dans cette région. Plusieurs facteurs jouent dans la formation de cyclones et dans leur parcours. Mais l’évidence suggère fortement davantage d’orages intenses et le risque d’inondations plus nombreuses, si bien que la saison 2004 des cyclones en Atlantique Nord pourrait bien être un avant-goût de l’avenir. » Kevin Trenberth avait souligné « avoir tenu une conférence de presse responsable pour corriger les impressions trompeuses selon lesquelles le réchauffement global n’avait joué aucun rôle dans les cyclones de 2004. »

Au mépris des évidences

Or, juste avant l’intervention du Dr Trenberth, le Dr Landsea, qui avait participé à la rédaction des deux derniers rapports du GIEC, avait fourni à son collègue une synthèse des connaissances scientifiques sur ce sujet. Il y mentionnait clairement que « toutes les recherches passées et actuelles dans le domaine de la variabilité cyclonique n’ont montré aucune tendance à long terme de hausse de la fréquence ou de l’intensité des cyclones tropicaux, dans l’Atlantique ou ailleurs. Les rapports GIEC de 1995 et 2001 ont également conclu que l’on ne trouvait aucun signal du réchauffement global dans les données sur les cyclones. De plus, il y a des évidences assez fortes, soutenues par les dernières études crédibles, que tout impact que le réchauffement global pourrait potentiellement avoir sur les cyclones serait probablement faible. » Cependant, le Dr Trenberth a choisi d’ignorer les propos du chercheur de la NOAA.

Lettre ouverte à ses collègues

Dans une lettre ouverte(1) adressée aux autres membres du GIEC, le Dr Landsea explique les raisons de sa démission. Il souligne qu’« étant donné le rôle du Dr Trenberth en tant qu’auteur principal du GIEC responsable de la préparation du texte sur les cyclones, ses déclarations publiques aussi éloignées de la pensée scientifique actuelle [l]’ont conduit à penser qu’il serait très difficile pour le GIEC de procéder objectivement à l’évaluation de l’activité cyclonique. » Il signale également le fait qu’aucun des participants de la conférence de presse n’avait effectué la moindre recherche sur la variabilité cyclonique et que personne n’avait présenté de nouveaux travaux dans ce domaine.

Au-delà de la simple querelle

Cependant, pour le chercheur américain, les agissements du Dr Trenberth vont bien au-delà de la simple querelle scientifique. Ils révèlent parfaitement les dysfonctionnements d’une institution qui se donne une crédibilité scientifique alors que ses analyses sont politiques. « J’ai été déçu quand les dirigeants du GIEC ont balayé mes inquiétudes lorsque j’ai mentionné la déformation de la science par des gens qui invoquent l’autorité du GIEC », écrit-il dans sa lettre ouverte.

Le Dr Landsea estime ainsi qu’« en toute bonne foi, [il] ne peu[t] donc pas continuer à contribuer personnellement à un processus qu'[il] considère comme motivé par des préjugés et comme scientifiquement non-fondé. » Par son éclat, l’action du Dr Landsea fait resurgir un problème soulevé auparavant par le climatologue australien John Zillman, membre durant de nombreuses années du bureau du GIEC. Ce dernier avait fini par affirmer que le GIEC avait de plus en plus « un rôle de soutien à un processus politique, au lieu de celui d’expert technique. »
Tout ceci n’empêche pourtant pas nos journalistes bien-pensants de reprendre régulièrement les affirmations dites scientifiques du GIEC et de son porte-parole Trenberth pour « confirmer » le mythe du réchauffement climatique….

(1) http://sciencepolicy.colorado.edu/prometheus/
archives/science_policy_general/000318chris_landsea_leaves.html

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