Excédée par la contestation systématique de ses avis, l’Efsa recommande aux Etats d’apporter des données scientifiques pertinentes à leurs dossiers.

Dorénavant, il faudra que les pays qui souhaitent mettre en cause les avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) fournissent des dossiers scientifiquement solides. C’est le message qu’ont clairement transmis les experts de l’Efsa, en rédigeant à l’issue de la réunion des 3 et 4 juillet derniers leur avis concernant la clause de sauvegarde sur l’OGM MON 810, déposée par la Grèce.

Il est vrai que dans son argumentation, ce pays avait plutôt fait preuve de légèreté. En effet, la « nouvelle étude » fournie par les autorités grecques concerne le maïs MON 863, alors que la clause de sauvegarde porte sur le maïs MON 810. Comme le notent les experts de l’Efsa, « le maïs MON 863 traité dans l’étude contient une toxine différente de celle du MON 810. Or, le Panel OGM considère que les données sur le MON 863 ne sont pas pertinentes pour le MON 810 ». En outre, l’étude fournie par la Grèce « a déjà été extensivement étudiée par le Panel OGM et commentée dans un avis ». Inutile donc de revenir avec des vieilles études – en l’occurrence celle du militant anti-OGM, Gilles-Eric Séralini, recyclée pour l’occasion par les autorités grecques ! Inutile également d’aller chercher le secours des associations écologistes américaines, comme le Sierra Club. En effet, outre l’étude de M. Séralini, la Grèce a fait reposer sa mesure de sauvegarde sur un deuxième pilier : un document de cette ONG concernant le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (CCD) observé outre-Atlantique. Là encore, les experts de l’Efsa n’y vont pas par quatre chemins : « La Grèce se réfère principalement à des études sur des colonies d’abeilles réalisées aux Etats-Unis, et non sur des données collectées en Grèce ou en Europe ». Des études qui, comme le fait remarquer l’Efsa, proviennent entre autres « d’un questionnaire distribué aux apiculteurs nord-américains, qui ont accepté de répondre ; ce qui ne représente en aucun cas un ensemble statistiquement significatif ». Bref, rien de très pertinent qui justifie la clause de sauvegarde. En revanche, les experts de l’Efsa ont profité de l’occasion pour rappeler qu’il existe des travaux sérieux réalisés sur les abeilles et les OGM. Ils mentionnent en particulier ceux de Babendreier and al. (2005), qui ont démontré que la protéine Bt Cry 1 Ab utilisée spécifiquement dans le MON 810 n’a strictement aucun effet négatif sur les abeilles.

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