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L’année 1 de l’ère Macron

Élu à la plus haute fonction de l’État, suite à la plus curieuse campagne présidentielle de la Ve République, Emmanuel Macron incarne une nouvelle génération de responsables politiques. Affranchi des codes habituels de la société, européen convaincu alors que la mode est plutôt au repli national, ce représentant audacieux et sympathique de la génération high tech apporte indéniablement un souffle nouveau à la société française.

Pour l’agriculture, « un secteur clé » selon l’un de ses rares référents agricoles, Olivier Allain, il promet ni plus ni moins un vaste « Plan Marshall » de 5 milliards d’euros (1 milliard par an pour les cinq années à venir), afin de moderniser l’outil de production. « C’est quatre fois le budget annuel du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles  », note Olivier Allain, par ailleurs vice-président de la région Bretagne, qui rappelle que les poulaillers français ont 25 ans de moyenne d’âge, et les porcheries, 20 ans. « Or, un bâtiment performant, neuf ou rénové, permet de réduire les intrants et d’obtenir des résultats techniques supérieurs, gages d’un gain de compétitivité », précise le conseiller du Président. Il a raison.

Emmanuel Macron souhaite une agriculture « à la fois productive et écologiquement responsable, sans se limiter à un modèle unique ». Loin du dogme décroissant du candidat écolo-bobo du PS Benoît Hamon, le nouveau Président de la République veut « accélérer l’émergence d’un nouveau modèle de croissance réconciliant transition écologique, industrie du futur et agriculture de demain ». « En définitive, Emmanuel Macron défend une écologie douce qui doit verdir notre économie sans blesser, sans heurter ; une écologie des petits pas qui doit permettre d’avancer même si cela peut prendre du temps », résume Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement.

Cette voie est celle tracée par le monde agricole depuis des décennies. Outils d’aide à la décision entraînant des réductions d’intrants, semences performantes grâce aux progrès de la sélection variétale, génétique de qualité tant dans le monde végétal que dans le monde animal, usage de plus en plus répandu de la robotique et de l’informatique, amélioration de la qualité environnementale et sanitaire des produits phytosanitaires… l’agriculture est en effet l’un des secteurs qui ont toujours su adopter l’innovation et le progrès. Et cela, depuis la « révolution silencieuse » de Michel Debatisse, grand leader syndical agricole des années soixante et soixante-dix.
« Avec Emmanuel Macron, ce sera donc la fin de l’écologie punitive », promet Audrey Bourolleau, l’ancienne directrice générale de Vin et Société, devenue au fil des mois « l’incontournable Madame Agriculture du candidat d’En marche ». Son idée : des États généraux de l’alimentation. « On va mettre autour de la table les producteurs, les distributeurs, l’ensemble des transformateurs, les associations de consommateurs, pour pouvoir regarder concrètement comment on donne la possibilité à chacune et chacun de vivre », a indiqué le candidat Macron lors de sa visite à Rungis, le 18 avril dernier. « Le but sera bien, d’abord et avant tout, d’améliorer le prix payé au producteur », précise Olivier Allain. Le projet est séduisant. Surtout s’il n’est pas pris en otage par les nostalgiques de la France d’autrefois…

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