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La décroissance comme seul moteur idéologique

Le 30 mars, au moment où le Conseil de l’agriculture française, regroupant la FNSEA, les Jeunes agriculteurs et les chambres d’agriculture, invitait à Besançon les douze candidats à l’élection présidentielle pour une audition sur leur programme agricole, une vingtaine d’associations écologistes se réunissaient pour manifester leurs inquiétudes concernant « l’orientation politique proposée à court terme par le gouvernement » ainsi que « les adaptations apportées à la stratégie européenne “De la ferme à la fourchette” ».

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En effet, le simple fait d’avoir envisagé de « produire plus » pour répondre à la crise alimentaire que provoque le conflit ukrainien a déchaîné un ouragan de critiques de la part de l’écolo-altermondialisme. « “Produire plus” pour répondre à un manque de disponibilité n’est pas la solution », objectent ces associations, persuadées que « nous produisons suffisamment de nourriture pour nourrir l’ensemble de l’humanité  ». Certes, elles prennent acte du risque de pénurie alimentaire « à moyen terme (12 à 18 mois) ». Une inquiétude d’ailleurs partagée par la frange la plus radicale de l’écologie politique elle-même, comme en témoignent les propos tenus par le député européen Benoît Biteau dans une tribune publiée le 31 mars dans le quotidien Les Échos : « La situation est grave. La diminution de la disponibilité entraînée par la guerre a provoqué une augmentation inquiétante des prix agricoles, amplifiée par la spéculation sur les marchés à termes. Cette situation fait émerger un second problème : l’accessibilité économique à la nourriture de base. » Mais, pour le député Biteau comme pour les vingt associations écologistes, le responsable est tout trouvé : « Cette crise majeure qui s’annonce est le résultat de plusieurs décennies de libéralisation de l’agriculture. »

Il faudrait donc « sortir du dogme libéral », tout remettre à plat, et « produire autrement  ». Ou plus précisément produire moins de céréales pour les élevages en réduisant la consommation de viande mondiale, et ne produire des céréales qu’à usage alimentaire, ce qui augmenterait la consommation d’énergies fossiles. Un comble pour ces acteurs qui se prétendent soucieux du climat !

Et, surtout, il faudrait maintenir en l’état le projet de la Commission « Farm to fork », alors qu’il a été établi que cette stratégie va réduire la production agricole européenne, et donc fragiliser encore davantage l’indépendance alimentaire de notre continent… Ce discours trahit les véritables intentions de l’écologie politique, qui ne viseraient finalement qu’à imposer un projet antilibéral et décroissant   hélas portée par la Commission européenne…

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